5 indices qui montrent que François Hollande vient de donner son premier discours de campagne

Publié à 15h22, le 03 mai 2016 , Modifié à 15h27, le 03 mai 2016

5 indices qui montrent que François Hollande vient de donner son premier discours de campagne
François Hollande, on the road again © PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP

ET C'EST PARTI - À force d'avoir chaque jour une preuve de plus de la candidature non officielle de Nicolas Sarkozy à la primaire, on en oublierait presque celle de François Hollande à la présidentielle. Comme son prédécesseur, il semblerait pourtant bien que le chef de l'État soit en campagne sans le dire.

Mardi 3 mai, il a prononcé un discours qui peut difficilement être interprété autrement qu'une sorte d'entrée en campagne (et ce alors que les initiatives pour une primaire se sont multipliées à gauche). Cinq indices viennent corroborer cette analyse.

  • 1 - L'occasion

François Hollande s'exprimait au théâtre du Rond-Point à Paris, à l'occasion d'un colloque organisé par la fondation Jean Jaurès, think tank proche de la gauche et en particulier du PS. Le thème du jour : "La gauche et le pouvoir". L'intervention du Président venait clore cette matinée de travaux.

Et tout le gratin socialiste était présent pour l'occasion : des parlementaires mais surtout une bonne partie de son gouvernement (Manuel Valls, Marisol Touraine, Patrick Kanner...) ainsi que Jean-Christophe Cambadélis (patron du PS), Claude Bartolone (président de l'Assemblée nationale) et les présidents des groupes socialistes à l'Assemblée et au Sénat (Bruno Le Roux et Didier Guillaume).

  • 2 - Le moment

Superbe timing pour un grand discours. Cette prise de parole présidentielle intervenait un an presque jour pour jour avant l'échéance de 2017. Elle conclut surtout la grande offensive de com' du PS et du gouvernement visant à vanter le bilan du quinquennat, entre "Hé oh la gauche", "la belle alliance populaire" et "du progrès en plus".

Et puis le même jour, à l'Assemblée, s'ouvre le débat parlementaire sur la tant décriée loi Travail, qui hérisse toujours autant une bonne partie de la majorité socialiste (entre autres).

  • 3 - Un discours de conquête

À la tribune, un François Hollande offensif comme jamais et en verve a bien entendu fait l'éloge de son action et de sa méthode, celle du "compromis". Il a aussi rappelé l'état dans lequel la droite avait laissé le pays et s'est demandé de manière rhétorique "dans quel pays d'Europe" il y avait eu "autant de progrès depuis 4 ans".

Martelant qu'il n'avait trahi ni la gauche ni ses engagements de campagne de 2012, il a malicieusement souligné qu'il lui restait un an pour concrétiser les promesses non encore tenues : "Pour celles et ceux qui s’abreuvent aux 60 propositions,  je veux les rassurer. Il reste un an." 

Revenant sur son "ça va mieux" devenu argument matraqué de toutes parts par ses soutiens, il a "revendiqué" cette expression, tout en concédant que la France "pourrait aller encore mieux".

Passage obligé de tout discours de candidat socialiste, le chef de l'État n'a pas oublié de citer les grands anciens que sont Léon Blum et Jean Jaurès, mais aussi Lionel Jospin. Manière évidente de titiller la fibre de gauche de ses électeurs potentiels. De la même façon, il a lancé cet appel à l'optimisme : "La France est aimée, bien plus qu'elle ne s'aime elle-même."

Sa conclusion s'est faite sur une ouverture vers l'avenir dans laquelle il aurait tout aussi bien pu citer précisément la présidentielle de 2017 :

 

"

La récompense ne sera pas dans l’histoire, elle sera dans l’avenir.

"
  • 4 - Les attaques contre les adversaires

Tout candidat a des adversaires. François Hollande ne fait pas exception, et l'on ne parle pas seulement du "monde de la finance". Alors que la droite aiguise ses couteaux à l'approche de sa primaire, le Président a eu un mot pour eux, moquant ces prétendants qui voudraient "tout défaire" :

Comme il se doit, il a une nouvelle fois attaqué de front la tentation du vote FN, la qualifiant de "nostalgie" et de "renoncement" (des éléments de langage devenus classiques chez lui) :

Tout en exhortant son camp, la gauche (qui le critique souvent), à vivre dans le présent (et donc à se réinventer et à dépasser ses horizons idéologiques historiques) :

  • 5 - Et une petite promesse au passage

Dans la lignée de sa politique de l'année passée, François Hollande y est allé de sa petite annonce sur le front des impôts. Il a ainsi promis "une baisse" de l'impôt sur le revenu "pour les plus modestes" en 2017 si "les marges" sont disponibles. 

C'est donc bel et bien parti.



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