Christian Estrosi se mue en Émile Zola et publie son "J'accuse" contre le gouvernement

Publié à 11h45, le 09 octobre 2014 , Modifié à 16h51, le 17 octobre 2014

Christian Estrosi se mue en Émile Zola et publie son "J'accuse" contre le gouvernement
Christian Estrosi "accuse" le gouvernement © REUTERS/Benoit Tessier

J'ACCUSE - Il n'y a pas que le point Godwin ou "les années les plus sombres de notre histoire", dans la vie. Les politiques aiment également dresser des parallèles entre l'actualité et l'affaire Dreyfus. Après Jean-Luc Mélenchon prenant la défense de Jérôme Kerviel en le comparant au capitaine Alfred Dreyfus, voici venir Christian Estrosi façon Émile Zola.

Le maire UMP de Nice a publié son propre "J'accuse" sur son compte Facebook, mercredi 8 octobre, en réaction au départ supposé vers la Syrie d'une famille de onze personnes, originaires de Nice. Sous le titre "Djihad : J'accuse", Christian Estrosi signe un texte dans lequel il tance le gouvernement et sa politique pour endiguer le départ de djihadistes en Syrie :

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J’accuse le Gouvernement de ne pas agir contre les associations qui sous couvert d’un objet culturel ou cultuel (sic) enrôlent de jeunes personnes dans un processus de destruction et de barbarie.



J’accuse le Gouvernement de ne pas combattre avec suffisamment de vigueur les incitations à la haine, les appels au terrorisme ou les endoctrinements qui s'installent dans nos quartiers.



J’accuse le Gouvernement de ne pas prendre les mesures suffisantes et nécessaires pour isoler dans les maisons d’arrêt les présumés terroristes des détenus de droit commun.



J’accuse le Gouvernement de ne pas assurer une surveillance accrue sur ceux qui sont clairement identifiés comme des recruteurs potentiels.



J’accuse le Gouvernement d’être totalement autiste face au drame de ces familles et de les laisser seules face à leur détresse.

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Et le maire de s'interroger : "On se pose souvent la question : Faut-il parler ou se taire ? Faut-il dénoncer ou garder le silence ?"

La conclusion de ce pamphlet, elle aussi, ressemble à celle du réquisitoire de Zola en faveur du militaire accusé de trahison à la fin du XIXè siècle, sur fond d'antisémitisme dans la société française et européenne (le texte intégral est ici).

Version Estrosi :

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J’attends la réponse mais j’ai l’impression, une fois de plus, qu’il s’agit d’une bouteille à la mer...

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Version Zola :

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J'attends.

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Du rab sur le Lab

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