Selon Claude Bartolone, François Hollande a été "un peu agacé" par la sortie de François Rebsamen sur le contrôle des chômeurs

Publié à 09h33, le 03 septembre 2014 , Modifié à 19h34, le 17 octobre 2014

Selon Claude Bartolone, François Hollande a été "un peu agacé" par la sortie de François Rebsamen sur le contrôle des chômeurs
Claude Bartolone, le 3 septembre © Capture BFMTV

François Rebsamen a monopolisé le débat politique avec sa proposition de renforcer le contrôle des chômeurs, mardi 2 septembre. Au lendemain de cette (nouvelle) journée polémique, on apprend par la voix de Claude Bartolone que François Hollande a été "un peu agacé" par cette sortie du ministre du Travail, qui a provoqué le courroux de nombreuses personnalités de gauche.

Le président de l'Assemblée nationale, invité de BFMTV mercredi 3 septembre, qualifie les propos de François Rebsamen de "faute" qui a "masqué la qualité de la rentrée scolaire" et raconte la réaction de François Hollande en temps réel :

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J'étais avec le président de la République à Clichy-sous-Bois, au collège Louise Michel. Il a [eu vent des déclarations de François Rebsamen], à la fin il a eu une réaction, on voyait bien qu’il était un peu agacé. La gauche a réussi une des plus belles rentrées [scolaires] et on n’en a pas parlé.

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Claude Bartolone adresse donc un message assez ferme au ministre du Travail : "Quand on est ministre, on ne dénonce pas, on agit. S'il devait y avoir un problème sur un certain nombre de chômeurs qui posent des difficultés, c’est pas de dénoncer, le travail d'un ministre. C'est de dire : 'Voilà le problème, voilà la solution que je propose'".

Rappelant que depuis l'élection de François Hollande en 2012, la France compte 500.000 chômeurs de plus, le député de Seine-Saint-Denis s'interroge :

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Vous croyez que ce sont simplement des gens qui viennent s’inscrire pour essayer de frauder le système ?

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Et d'insister : "Je le redis amicalement à François Rebsamen, parce que c'est un responsable politique que j’aime bien, c’est un ami : quand on est ministre on ne dénonce pas, ou sinon d'un seul coup on donne l’impression que tous les chômeurs sont des gens qui veulent truander".

Devant la polémique suscitée par ses propos, François Rebsamen a *légèrement* rétropédalé en fin de journée, faisant savoir via son entourage qu'il ne demandait rien et qu'il n'était "pas question de créer de nouvelles mesures", mais qu'il voulait simplement "rappeler la loi". Dans sa déclaration, le ministre "demandait" pourtant bel et bien à Pôle Emploi de "renforcer les contrôles" à l'égard des chômeurs :

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Aujourd'hui si on écoute bien ce qui se dit, tout est tabou. Moi, je vais vous dire je pense qu'il faut renforcer les contrôles. Quand on est chômeur, au sens du Bureau International du Travail, on recherche un emploi. Et donc c'est négatif pour ceux qui recherchent un emploi d'être à côté de personnes qui ne cherchent pas d'emploi. Donc je demande à Pôle Emploi de renforcer les contrôles pour vérifier que les gens cherchent bien un emploi.

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[Bonus Track] Emmanuel Macron victime du "délit de sale gueule"

Alors qu'il expliquait que "dire à nos entreprises que nous sommes fiers d'elles" ne le "dérangeait" pas, Claude Bartolone a soudain abordé le cas du nouveau ministre de l'Économie, Emmanuel Macron :

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Je déteste les critiques qui ont pu être faites en direction d'Emmanuel Macron parce qu’il était banquier. Mais qu’est-ce que c’est que ce délit de sale gueule ?

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Mais tout comme François Rebsamen, le nouveau locataire de Bercy n'échappe pas à la critique du titulaire du "perchoir" à l'Asemblée.

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"Je lui dis attention, il y a un certain nombre de phrases que l’on ne peut pas jeter comme ça : 35 heures, c’est la durée légale hebdomadaire du temps de travail.



Ça m'a choqué parce que lorsque vous jetez quelque chose comme ça, c’est exactement le même problème que la déclaration de François Rebsamen : ça enlève de la force à votre logique politique.

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