Affaire Business France : pour Blanquer, "on cherche des polémiques" à Pénicaud parce qu’elle "est en train de réussir merveilleusement"

Publié à 11h30, le 02 juillet 2017 , Modifié à 13h02, le 02 juillet 2017

Affaire Business France : pour Blanquer, "on cherche des polémiques" à Pénicaud parce qu’elle "est en train de réussir merveilleusement"
Jean-Michel Blanquer.

Ce dimanche, le JDD révèle que la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, avait été "briefée" en amont des difficultés d'ordre comptable que soulevait l'organisation d'une soirée en 2016 à Las Vegas autour d'Emmanuel Macron, sur laquelle la justice enquête. Avec notamment la publication par l’hebdomadaire d’un mail qui implique la ministre et d’autres qui révèlent le rôle central du cabinet d’Emmanuel Macron.

Est-elle fragilisée par ces nouvelles révélations ? "Absolument pas. En aucun cas", réplique Jean-Michel Blanquer ce dimanche 2 juillet, invité du Grand Rendez-Vous Europe 1 / Les Échos / CNews, qui affirme que c’est parce qu’elle est "en première ligne sur les grands enjeux d’évolution de notre pays" et qu’elle "est en train de réussir merveilleusement" sur la réforme du code du travail qu’on "cherche des polémiques" :

Elle est en première ligne sur les grands enjeux d’évolution de notre pays. On voit bien qu’elle est en train de réussir des choses très importantes en termes de dialogue social. Avec un but de faire gagner notre pays, de le moderniser, de permettre de lutter contre le chômage, au service des Français. Elle est en train de réussir merveilleusement dans cela et comme toujours dans ces cas-là, on cherche des polémiques sur les côtés parce que c’est ainsi dans notre vie démocratique. Ça ne la fragilise en aucun cas, au contraire, elle est en train de montrer qu’elle est une femme très forte.


Lors du point presse hebdomadaire à l'issue du Conseil des ministres, mercredi 28 juin, Christophe Castaner avait demandé à la presse de "ne pas chercher à affaiblir" la ministre du Travail Muriel Pénicaud, ancienne responsable de Business France (organisme visé par une enquête), "car nous sommes dans un moment important pour la réforme du travail".

Le JDD publie pourtant le fac similé d'un courriel daté du 11 décembre 2015 dans lequel la directrice de la communication de Business France (BF) écrit que "Muriel, briefée par nos soins, ne fait rien. Donc elle gérera aussi quand la CdesC (Cour des comptes, ndlr) demandera des comptes à BF, ce ne sera pas faute d'avoir dit et redit".

Business France, agence publique dont Muriel Pénicaud était à l'époque directrice générale, est visée par une enquête pour violation présumée des règles de mise en concurrence. Au centre de l'affaire : une soirée tenue le 6 janvier 2016 à Las Vegas, en plein Consumer Electronics Show (CES), grand-messe mondiale de l'innovation technologique, au cours de laquelle Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie, avait rencontré des dirigeants de start-up françaises.

Selon Le Canard Enchaîné, à l'origine des premières révélations, le coût de l'opération réalisée par Havas pour Business France, sans qu'il y ait eu d'appel d'offres, aurait été de 381.759 euros, dont 100.000 euros pour les seuls frais d'hôtel. Libération affirmait mercredi que Muriel Pénicaud avait "validé" certaines dépenses relatives à l'organisation de la soirée. La ministre a répondu qu'elle n'avait rien à se reprocher, évoquant une "erreur de procédure" à la suite de laquelle elle avait "immédiatement déclenché un audit, interne et externe". "C'est moi qui ai alerté le conseil d'administration, c'est moi qui ai déclenché l'audit", a-t-elle insisté, qualifiant l'idée qu'elle ait pu étouffer l'affaire de "blague".

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