Affaire Fillon : Nicolas Sarkozy se demande "qui aura le courage d’écrire le 'J’accuse' qui manque à notre siècle"

Publié à 09h29, le 28 mars 2017 , Modifié à 09h29, le 28 mars 2017

Affaire Fillon : Nicolas Sarkozy se demande "qui aura le courage d’écrire le 'J’accuse' qui manque à notre siècle"
Nicolas Sarkozy. © AFP

Coucou le revoilà. Nicolas Sarkozy était en retrait, officiellement, depuis sa défaite au premier tour de la primaire de la droite. Et s’il a joué « le parrain » pour tenter de régler le psychodrame qui a traversé son camp quand une partie de LR a lâché François Fillon et chercher un plan B, l’ancien chef de l’Etat est resté médiatiquement effacé, intégrant au passage le conseil d’administration du groupe hôtelier AccorHotels.

Mais lundi 27 mars, Valeurs actuelles a rapporté une intervention de Nicolas Sarkozy devant des avocats du barreau de Paris, le 20 mars. Dans cette intervention, l’ancien président de LR, en pleine affaire Fillon, a fustigé "l'ingérence du pouvoir médiatique" dans le fonctionnement de la justice. Il s’est également demandé qui aurait le courage d’être le Emile Zola de 2017 :

Qui arrêtera l'ingérence du pouvoir médiatique dans le fonctionnement de l'autorité judiciaire ? Qui arrêtera l'instrumentalisation des procédures par le pouvoir médiatique ? Qui aura suffisamment de courage pour écrire le J'accuse qui manque à notre siècle ?

Interrogé par l'AFP, l'entourage de Nicolas Sarkozy n'a pas démenti ces propos de l'ex-chef de l'Etat, prononcés à l'occasion de la remise de la Légion d'honneur à l'avocat Jean-Yves Le Borgne, qui fut le défenseur d'Eric Woerth dans l'affaire Bettencourt.

L'ex-président du parti Les Républicains s'en est aussi pris au secret des sources des journalistes, selon lui "devenu par la loi, non plus un simple précepte déontologique mais un principe de droit alors que dans le même temps le secret professionnel des avocats peut faire, à tout moment, l'objet d'une perquisition voire d'un interrogatoire dans le cadre d'une garde à vue". "La justice doit, bien sûr, chercher la vérité et pour cela elle dispose de moyens d'investigation nombreux et puissants mais elle ne peut ni inventer des intentions en renversant la charge de la preuve, ni arracher par la force et l'intimidation ce qu'elle doit obtenir par l'instruction, la déduction et la confrontation des points de vue", s'est aussi insurgé dans cette diatribe le candidat malheureux à la primaire de la droite, selon ces propos rapportés.

Entre autres affaires judiciaires, Nicolas Sarkozy a été renvoyé début février en procès, avec treize autres protagonistes, pour ses dépenses excessives lors de la campagne présidentielle de 2012 dans l'affaire Bygmalion.

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