Alain Juppé critique le côté "ringard" des premières propositions d’Emmanuel Macron

Publié à 07h31, le 16 novembre 2016 , Modifié à 07h47, le 16 novembre 2016

Alain Juppé critique le côté "ringard" des premières propositions d’Emmanuel Macron
Alain Juppé et Emmanuel Macron. © Montage le Lab via AFP

RINGARD - Et maintenant, l’option offensive. Il ne s’agit plus de tergiverser à quelques grosses heures du premier tour de la primaire de la droite et alors que François Fillon fait une spectaculaire remontada dans les sondages. Alors Alain Juppé attaque. De toutes parts.

Dans une interview aux Echos ce mercredi 16 novembre, le maire de Bordeaux égratigne Nicolas Sarkozy, un classique, mais aussi tous ceux qui pourraient empiéter sur son électorat : Emmanuel Macron et François Fillon.

Interrogé sur le risque de voir l’ancien ministre de l’Economie, qui doit officialiser ce mercredi sa candidature à la présidentielle de 2017, mordre sur son électorat, Alain Juppé qualifie le fondateur de "En Marche" de "ringard", notamment dans sa volonté de moduler le temps de travail selon l’âge :

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Il ne faut pas être naïf. Voilà avec Emmanuel Macron quelqu'un qui a totalement cautionné la politique économique menée depuis 2012, à commencer par la hausse massive des impôts. Il était là quand François Hollande a dit "mon ennemi, c'est la finance", quand il a annoncé les 75% sur l'impôt sur le revenu. Il se présente aujourd'hui comme le chevalier blanc totalement nouveau. Il faut se méfier des gens qui font le contraire de ce qu'ils disent et disent le contraire de ce qu'ils font.



Je ne suis pas dirigiste, moi ! Je ne vais pas imposer de faire travailler les jeunes plus que les seniors. Ça, c'est ringard. Moi je laisse la liberté de négocier dans les entreprises. Je suis très libéral, si l'entreprise veut rester aux 35 heures ou passer aux 37 heures, elle le fera. A condition qu'il y ait un accord. 

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Voilà pour Emmanuel Macron.

Ensuite, François Fillon. "Ce que je vois, c’est que je suis encore loin devant" dans les sondages, se rassure Alain Juppé qui tape sur le manque de rigueur budgétaire de celui qui se présente comme ayant le programme le plus solide. Evoquant un déficit à venir supérieur à 4%, le favori de la primaire balance :

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Oui et je trouve cela inquiétant. François Fillon avait dit dès 2007 que la France était en faillite et semble s'accommoder aujourd'hui d'un déficit à 4,7%. Si on laisse ainsi filer les choses, notre pays dévissera. Je regrette que certains fassent des promesses qu'ils ne seront pas capables de tenir.

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Alain Juppé n’épargne personne. Preuve que la tension monte, que les jeux ne sont pas faits et que le jour J approche.

[BONUS TRACK] "Du mal à suivre" Sarkozy sur l'environnement

Comme à chaque interview, Alain Juppé ne pouvait pas épargner celui qui fait figure de son principal rival, Nicolas Sarkozy. C’est notamment sur sa dernière proposition de créer une taxe carbone aux frontières de l’Union européenne après avoir tenu des propos climatosceptique qu’Alain Juppé attaque l’ancien Président qu’il a "parfois du mal à suivre" :

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Je constate surtout que ses projets restent flous, et qu'on ne sait pas très bien comment on fait les additions et les soustractions pour cadrer le tout. Aujourd'hui, il prône une taxe carbone qu'il n'a pas faite par le passé, alors que quelques semaines plus tôt, il expliquait que le dérèglement climatique n'était pas un sujet. J'ai parfois du mal à suivre.

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Une critique qui fait écho à celle régulièrement avancée par Nathalie Kosciusko-Morizet qui reproche à Nicolas Sarkozy de se renier sur le Grenelle de l’environnement.

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