Alain Juppé retourne sa "balladurisation" à Nicolas Sarkozy : "Si je suis Balladur, qui est Chirac alors ?"

Publié à 10h19, le 03 juin 2015 , Modifié à 10h39, le 03 juin 2015

Alain Juppé retourne sa "balladurisation" à Nicolas Sarkozy : "Si je suis Balladur, qui est Chirac alors ?"
Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Jacques Chirac et Edouard Balladur © Montage Le Lab

Qui des deux "balladurisera" l’autre ? Voilà l’objet du duel qui oppose Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ces derniers jours dans les médias. Le président de "Les Républicains" a tiré le premier dimanche 31 mai sur France 2, ironisant sur la prétention de celui qui fut son ministre des Affaires étrangères à incarner le favori de "l’opinion" dans la perspective de la primaire :

 

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Ce n’est pas moi qui vais en vouloir à Alain Juppé de dire cela, puisqu’il m’était arrivé de dire la même chose lorsque je soutenais Edouard Balladur contre Jacques Chirac, avec le résultat que vous connaissez.

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Interrogé sur cet échange ce mercredi 3 juin sur RTL, Alain Juppé a d’abord cherché à relativiser son statut de chouchou des sondages. Il a déclaré :

 

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J’ai dit que j’avais l’opinion 'pour l’instant'. Voyez que je suis modeste. Je sais que tout ça est volatil et instable.

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Une précision d’importance, au regard de l’analogie historique dressée par Nicolas Sarkozy : beaucoup ont imputé l’échec d’Edouard Balladur à la présidentielle de 1995 face à Jacques Chirac et Lionel Jospin à l’excès de confiance de celui qui était alors porté par une vague de popularité.

Puis Alain Juppé de se gausser :

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- Alain Juppé : Moi, je vais pas ressasser 1995, 2012… Si je suis Balladur, qui est Chirac alors ?



- RTL : Nicolas Sarkozy ?



-Alain Juppé :  Ça fera sourire.

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La comparaison suggérée par Nicolas Sarkozy ne manque effectivement pas de sel, rétrospectivement. Car en 1995, celui-ci était un des plus fervents supporteurs d’Edouard Balladur, alors Premier ministre. À l’inverse, Alain Juppé était l’un des plus fidèles promoteurs du candidat Jacques Chirac, qui devait finalement s’imposer face à Lionel Jospin dans la course à l’Elysée.

Jacques Chirac a toujours gardé rancune à Nicolas Sarkozy de son soutien à son rival. À l’inverse, il récompensa Alain Juppé de sa loyauté en le nommant à Matignon et en le décorant du qualificatif jalousé de "meilleur d’entre nous".

Vingt ans après, la fracture de 1995 n’est pas refermée. En avril, le magazine Marianne racontait même que Jacques Chirac était prêt à "venir coller des enveloppes" dans le cadre de la campagne de la primaire d’Alain Juppé.

Au final, les Chiraquiens avec Juppé et les Balladuriens avec Sarkozy ? Les choses ne sont pourtant pas aussi simples, comme en témoigne par exemple le peu de considération que le néo-sénateur François Baroin, "bébé-Chirac" par excellence, a pour l'actuel maire de Bordeaux.

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