Alain Juppé veut "tourner la page" du vote Hollande de François Bayrou en 2012

Publié à 10h02, le 17 octobre 2016 , Modifié à 10h02, le 17 octobre 2016

Alain Juppé veut "tourner la page" du vote Hollande de François Bayrou en 2012
Alain Juppé et François Bayrou, se promettant les yeux dans les yeux fidélité. © YOHAN BONNET / AFP

C'est connu, Alain Juppé reste *droit dans ses bottes* : qu’importe si ses détracteurs l’accusent tantôt de servir la tisane, tantôt d’être un "centriste mou". Le candidat à la primaire de la droite (et du centre) compte bien être élu avec les voix des électeurs LR et centristes, voire de gauche en appelant les "déçus du hollandisme".

Invité spécial de la matinale d’Europe 1 ce lundi 17 octobre, le maire LR de Bordeaux est interpellé par une auditrice sur le vote Hollande de François Bayrou en 2012, pour faire barrage à Nicolas Sarkozy. L’ancien Premier ministre regrette ce vote qui a favorisé la défaite de la droite. Mais aujourd’hui, plus rien ne compte aux yeux d’Alain Juppé sauf le désir d’alternance. Il n’en veut plus au maire de Pau et invite à "tourner la page" :

 

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Il y a un moment où il faut tourner la page en politique. François Bayrou a été le ministre d’Edouard Balladur, il a été mon ministre. Il a fait un choix qui n’est pas le mien en 2012, je l’ai condamné. Je ne vais pas commencer par fermer la porte à tous ceux qui veulent changer les choses et remettre la France sur la voie du bon sens.

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Mais certains pourraient avoir beaucoup de mal à appliquer cette petite leçon matinale de politique vis-à-vis de François Bayrou. Nicolas Sarkozy, par exemple. Outre le fait que l’ancien candidat à la présidentielle a sûrement contribué à sa défaite, il menace aujourd’hui de "prendre ses responsabilités" et de se présenter contre lui si l’ancien Président remporte la primaire. Nicolas Sarkozy peut donc difficilement "tourner la page". Alain Juppé le peut, en revanche, puisque le patron du MoDem le soutient ouvertement.

Alain Juppé a également réaffirmé sa volonté de gouverner avec les centristes. Celui qui est ultra confiant pour l’élection présidentielle pense déjà aux législatives. Le premier édile de Bordeaux prévient qu’il reverra les investitures avant validation définitive, seul moyen selon lui d’obtenir une majorité et de faire barrage au FN :

 

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[Les investitures] ne sont pas définitivement adoptées. C’est un conseil national prévu au mois de décembre qui doit les adopter. Est-ce qu’on peut aujourd’hui avoir 577 candidats Les Républicains investis dans 577 circonscriptions ? On va faire une majorité demain composée à 100 % de députés Les Républicains ? Ça n’a naturellement pas de sens. Si nous ne nous mettons pas d’accord avec nos alliés du centre comme pour les élections régionales, eh bien qu’est-ce qu’il va se passer ? C’est le Front national qui sera l’arbitre entre nous au deuxième tour des élections législatives.

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Une manière aussi, évidemment, de récompenser les quelque 600 élus centristes qui soutiennent sa candidature. Le patron des députés UDI Philippe Vigier a demandé à Alain Juppé de gouverner avec "majorité large [...], ce qui doit se traduire par un groupe central puissant à l’Assemblée nationale".

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