Après avoir senti "monter la vague" en 2012, Sarkozy sent maintenant bouger "les plaques tectoniques" en sa faveur avant la primaire

Publié à 07h07, le 11 août 2016 , Modifié à 07h30, le 11 août 2016

Après avoir senti "monter la vague" en 2012, Sarkozy sent maintenant bouger "les plaques tectoniques" en sa faveur avant la primaire
Nicolas Sarkozy sentant bouger les plaques tectoniques. © ERIC FEFERBERG / AFP

SELF-ESTEEM - A quelques jours de déclarer (enfin) officiellement sa candidature à la primaire de la droite pour 2017, Nicolas Sarkozy affiche sa sérénité et sa foi en lui et sa victoire à venir. Le président de LR, qui doit se déclarer avant le 25 août, le sait, le sent. Mais, à la différence de 2012 et 2015, Nicolas Sarkozy a changé de vocable pour dire à quel point il croit en ses chances. Ce n’est plus "la vague" qu’il sent monter, mais "les plaques tectoniques" qui bougent. En sa faveur.

Dans une interview accordée à Valeurs actuelles, jeudi 11 août, l’ancien chef de l’Etat confie :

J'ai senti que les plaques tectoniques étaient en train de bouger.

Une manière de dire à ceux qui voulaient l’enterrer lorsqu’il pataugeait dans les sondages loin derrière Alain Juppé qu’ils se trompaient et qu’ils allaient voir ce qu’ils allaient voir. Surtout qu'il n'avait pas encore jeté ses forces dans la bataille. Mais, lors de la campagne présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy disait sentir "monter la vague". La vague de ses détracteurs surtout, puisqu’il fut battu par François Hollande au deuxième tour, annonçant alors sa vraie-fausse retraite politique.

"C'est une chose de déposer des fleurs sur ma tombe au cimetière, c'en est une autre de m'y faire entrer", poursuit-il encore plus précis et ne laissant plus l’ombre d’un seul doute sur ses velléités d’en découdre enfin. Et d’ajouter, au cas où son message ne soit pas bien passé :

Me battre, c'est plus difficile en situation d'élection qu'en situation de commentaire avec les journalistes.

Autrement dit, quand Nicolas Sarkozy le bagarreur entre dans l’arène électorale, il est un autre homme. Il ne sera surtout plus garant de l’unité (retrouvée ?) de son parti mais le chef de sa propre candidature. Et pourra donc y aller plus franco contre ses concurrents.

[BONUS TRACK 1] Bayrou, cet homme de gauche

Nicolas Sarkozy n’a toujours pas digéré que François Bayrou décide, et le fasse savoir, de voter pour François Hollande, contre lui, à la présidentielle de 2012. Un président du Modem, fervent soutien d'Alain Juppé, qui se situe au centre-droit et n’a participé qu’à des gouvernements de droite que Nicolas Sarkozy accuse de voter à gauche "depuis quinze ans".

[BONUS TRACK 2] L'Etat de droit et Moïse

Après l'attentat du 14 juillet à Nice, les proches de Nicolas Sarkozy avaient mené l'offensive, jugeant la Constitution et l'Etat de droit handicapant dans la lutte contre le terrorisme. Repris de volée par Alain Juppé, pour qui "l'Etat de droit est fondamental", Nicolas Sarkozy persiste dans cet argumentaire dans Valeurs actuelles. Pour lui, l'Etat de droit n'est pas immuable, à l'inverse des tables de la loi de Moïse. Il dit :

 

L'Etat de droit, par exemple, n'a rien à voir avec les tables de la Loi de Moïse, gravées sur le mont Sinaï. Qu'y a-t-il de plus évolutif que le droit ?

Du rab sur le Lab

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