Après les avoir vilipendées, Emmanuel Macron promet de ne pas toucher aux 35h

Publié à 18h45, le 10 décembre 2016 , Modifié à 18h45, le 11 décembre 2016

Après les avoir vilipendées, Emmanuel Macron promet de ne pas toucher aux 35h
Emmanuel Macron © Capture d'écran BFMTV

Il avait la pêche, ce samedi 10 décembre, à Paris, Emmanuel Macron. La super pêche même. La démonstration de force opérée porte de Versailles avait de quoi lui mettre du baume au cœur. "Nous sommes 15.000", a même fanfaronné l'ancien ministre de l'Économie en entame de son meeting.

Pendant plus d'une heure et demi, Emmanuel Macron a délivré plusieurs points de son programme présidentiel pour 2017, promettant notamment que "le salaire net pour tous augmentera". Se présentant comme "le candidat du travail", il s'est aussi engagé à ne pas revenir sur les 35h ou à augmenter la prime d'activité.

Il a… attendez… Quoi ? Emmanuel Macron ne veut pas revenir sur les 35 h ? Ah oui, c'est bien ça. Il a dit :

La durée légale du temps de travail doit rester à 35h. Ce n'est pas la peine, alors que la réalité n'est pas la même partout dans le pays, d'aller expliquer qu'il faudrait dans la loi passer de 35 à 39 heures. Ce n'est pas ça la réponse.

 

Ce samedi 10 décembre, à Paris, Emmanuel Macron s'est engagé à ne pas revenir sur les 35h. Très bien mais du coup, on peut ne s'empêcher de rappeler à l'ancien ministre de l'Économie ses propres mots, en août 2015, en clôture de l'Université d'été du Medef .

Il avait alors déclaré :

La gauche, je dois le dire, n'est pas exempte de critiques particulières. Elle a pu croire à un moment, il y a longtemps, que la politique se faisait contre les entreprises ou au moins sans elles, qu'il n'était pas nécessaire de connaître le monde de l'entreprise pour prétendre le régenter, que la France pourrait aller mieux en travaillant moins. C’était des fausses idées.

 

Une sortie qui, à l'époque, avait créé un beau gros embarras à gauche. Comment ? Un ministre de l'Économie d'un gouvernement de gauche expliquait devant le Medef que les 35h, totem parmi les totems, était une "fausse idée" ? Le député PS Yann Gallut avait, à l'époque, considéré qu'Emmanuel Macron avait "quelque part insulté Jaurès, Léon Blum, François Mitterrand, Lionel Jospin et Martine Aubry". Le "frondeur" Christian Paul avait, pour sa part, cru entendre Nicolas Sarkozy s'exprimer.

"Il n'y aura pas de remise en cause du temps de travail et des 35 heures", avait de son côté tonné Manuel Valls. […] Les Français n'ont rien à faire avec les polémiques qui tirent vers le passé. [...] Les vrais sujets sont l'emploi et la croissance. Les petites phrases font mal à la vie publique."

En pleine tourmente, Emmanuel Macron avait assuré ne pas avoir parlé des 35h "mais du rapport au travail". "Il en faut plus, pas moins. C'est le plus beau combat de la gauche, car le travail, c'est le moteur de l'émancipation individuelle", avait-il dit à l'AFP.

Un an avant, le 28 août 2014, le même Emmanuel Macron avait déjà fait réagir sur ce thème, juste après sa nomination comme ministre de l’Économie. Dans une interview réalisée avant ladite nomination, il expliquait :

Nous pourrions autoriser les entreprises et les branches, dans le cadre d’accords majoritaires, à déroger aux règles de temps de travail et de rémunérations.

 

Il s'était alors attiré les foudres de la gauche - comme celles de la ministre Marisol Touraine qui l'avait recadré - et les félicitations de la droite.

Alors forcément, on est un peu étonné de dire que pour 2017, Emmanuel Macron ne veut pas toucher aux 35h. Comme l'indique le titre de son livre, ceci est une révolution.

 

 

[BONUS TRACK] Faut pas crier comme ça monsieur

On l'a dit plus haut : Emmanuel Macron avait la super pêche durant ce meeting. Un peu trop peut-être.

En toute fin de discours, invitant ses ouailles à porter son projet partout en France, le candidat à l'élection présidentielle a carrément hurlé dans son micro, donnant lieu à une scène pour le moins gênante, du moins d'un point de vue auditif : 



Il faudrait peut-être préciser au candidat qu'il est inutile de crier pour être entendu

Interrogé sur cette séquence dimanche 11 décembre, lors de l'émission Vie Politique sur TF1, Emmanuel Macron a répondu : 

 

J'avais 15.000 personnes qui y croient, qui étaient là avec générosité, qui s'étaient déplacées, qui étaient venues des quatre coins de la France. Et donc ce que je leur devais, c'était la même générosité. C'est celle-là que j'ai donnée. Je ne suis pas quelqu'un qui calcule et qui compte. 

[EDIT 11/12] Ajout réaction d'Emmanuel Macron dans Vie Politique

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