Après quatre mois de débat pour rien sur la déchéance de nationalité, certains députés de gauche ne veulent plus de la réforme du CSM

Publié à 13h18, le 05 avril 2016 , Modifié à 13h26, le 05 avril 2016

Après quatre mois de débat pour rien sur la déchéance de nationalité, certains députés de gauche ne veulent plus de la réforme du CSM
Alain Tourret © Jacques Demarthon/AFP

La réforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) sera débattue à l'Assemblée nationale ce 5 avril. Cette promesse de campagne du candidat Hollande a été votée par le Sénat en 2013,  qui l'a beaucoup modifiée, et repasse donc en seconde lecture devant l'Hémicycle. Il faudra une majorité des trois cinquièmes pour que la réforme soit présentée au Parlement réuni en Congrès à Versailles.

Seulement, voilà, une semaine après que la droite, majoritaire au Sénat, a refusé le Congrès au président sur la déchéance de nationalité, certains députés de gauche voient mal pourquoi ils devraient concentrer leurs efforts sur la réforme du CSM. Le fiasco précédent leur est encore resté en travers de la gorge. Comme le déclare Philippe Doucet, député PS du Val-d'Oise, à L'Opinion :

 

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C’est un Leonarda institutionnel ! On se dit évidemment que ça ne valait pas le coup. Et je ne vois pas l’intérêt aujourd’hui de s’énerver sur la réforme du CSM, qui a peu de chances d’aboutir.

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Alain Tourret, député PRG du Calvados, va plus loin :

 

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Il ne fallait pas nous saisir ! C’est une histoire invraisemblable et incompréhensible ! Le Président est en apesanteur et nous on brasse de l’air. On ferait mieux de concentrer nos efforts sur la loi Travail.

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Une réticence qui n'entame pas l'optimisme du président de la commission des Lois, Dominique Raimbourg, malgré l'impact potentiellement catastrophique d'un nouvel échec de François Hollande. Le député PS de Loire-Atlantique estime ainsi :

 

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Les politiques accordent trop d’importance au Congrès. Si François Hollande le réussit, il ne sortira pas renforcé et s’il échoue, il ne sera pas affaibli non plus.

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Le garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, a indiqué le 31 mars sur France Inter que si la déchéance de nationalité était abandonnée, le projet de réforme constitutionnelle destiné à renforcer l'indépendance des magistrats était lui bien maintenu.

Du rab sur le Lab

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