Arnaud Montebourg appelle François Hollande à ne pas se présenter à la présidentielle

Publié à 16h34, le 21 août 2016 , Modifié à 16h56, le 21 août 2016

Arnaud Montebourg appelle François Hollande à ne pas se présenter à la présidentielle
Arnaud Montebourg et François Hollande © AFP

FRANÇOIS T'ES FOUTU, ARNAUD EST REVENU - La vraie-fausse retraite politique d'Arnaud Montebourg a donc pris fin, ce dimanche 21 août. Depuis Frangy-en-Bresse et sa traditionnelle "fête de la rose" (rebaptisée cette année "fête populaire"), l'ancien ministre de l'Économie s'est comme prévu déclaré candidat à la présidentielle 2017... sans préciser s'il passera ou non par la case primaire. Mais au-delà de son cas personnel, Arnaud Montebourg a aussi évoqué celui de François Hollande. Sans jamais le citer nommément, il l'a très fortement incité à ne pas se présenter à sa réélection, lui qui doit annoncer sa décision au mois de décembre.

"Je n'aurais pas dû être là à présenter devant vous un projet alternatif. Car pour moi, l'alternative était celle que nous avions cru amener au pouvoir il y a quatre ans", a-t-il d'abord lancé, affirmant que "le bilan de ce quinquennat n'est pas défendable". Ce bilan, qui représente selon lui une trahison des électeurs et du programme de 2012, rend "impossible" un soutien à François Hollande, ce qu'il "aurait aimé pouvoir" faire. Car cela aurait signifié, a-t-il dit, "que nous aurions agi conformément à nos engagements pris devant le peuple, que nous aurions respecté et même chéri nos valeurs".

Ayant également fait siffler le chef de l'État et son gouvernement pour la déchéance de nationalité et la loi Travail, l'ex-ministre du Redressement productif a ensuite tenu à "s'adresser à lui, librement, respectueusement, fraternellement" :

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Je lui demande de bien réfléchir à sa décision, de bien considérer les faits, de prendre en compte l'intérêt supérieur du pays, de mesurer la faiblesse inédite et historique qui est la sienne au regard des Français, d'affronter sa conscience, sa responsabilité et s'il le faut de lutter contre lui-même et de prendre la bonne décision.



Il y a des moments dans la vie d'un homme où le choix de faire ou de ne pas faire s'impose de lui-même, car il renvoie à l'idée qu'on se fait de sa propre responsabilité et de la fidélité à ce qu'on croit.

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Ces trahisons et cette "faiblesse" font donc de Hollande un candidat dangereux selon Montebourg, à même de faire perdre la gauche. Et surtout indigne de se représenter. Il est bien loin, le temps où il le soutenait pour le second tour de la primaire socialiste de 2011... Montebourg, à l'inverse, estime évidemment donner tous les gages pour porter l'étendard en mai prochain :

 

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Pour ma part, j'ai décidé de rester fidèle à mes engagements, à mes idéaux, à mes convictions plutôt que de me soumettre par faiblesse, par conformisme, par résignation, par fatigue peut-être ou pire, par calcul. Cette fidélité pour moi est tout ce qui compte. Et la responsabilité que j'ai décidé de prendre, qui est pleine de difficultés et d'épreuves à venir, c'est celle de me battre pour que nos idées arrivent enfin au pouvoir.

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Là aussi, en creux, le message à destination de "l'actuel président de la République" est violent.





[BONUS TRACK] Bim bam bol

Dans son discours, Arnaud Montebourg a aussi fait une cinglante référence au désormais fameux "je n'ai pas eu de bol" de François Hollande. C'est ainsi que le chef de l'État explique, in fine, la non-tenue (pour le moment ?) de sa promesse d'inverser la courbe du chômage. Réponse du chantre du "Made in France" :

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Le chômage, ce n'est pas une question de chance, c'est une question de décisions politiques.

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Une attaque qui n'était pas prévue dans la version écrite de son discours, mise en ligne sur son site de campagne quelques moments avant sa prise de parole. Le désormais candidat a donc décidé de la rajouter expressément et au dernier moment.



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