Arnaud Montebourg explique qu'il n'est pas sexiste parce que sa mère était féministe

Publié à 17h35, le 18 janvier 2017 , Modifié à 18h41, le 18 janvier 2017

Arnaud Montebourg explique qu'il n'est pas sexiste parce que sa mère était féministe
Arnaud Montebourg © BERTRAND LANGLOIS / AFP

Vous avez aimé la défense de Nadine Morano, expliquant qu'elle n'est pas raciste car sa meilleure amie est noire ? Vous allez adorer la démonstration d'Arnaud Montebourg pour prouver que non, il  n'est pas sexiste.

Ce mercredi 18 janvier, le candidat à la primaire de la Belle Alliance Populaire était en déplacement au Palais de la Femme, pour présenter son programme sur la question du droit des femmes. Un déplacement qui ne devait rien au hasard : l'ancien ministre du Redressement productif a été récemment taxé de macho, voire de sexiste. De l'avis de l'intéressé, tout cela n'est qu'affabulation. La preuve ? Sa mère et sa tante étaient féministes.

Voici ce qu'il a déclaré, comme l'ont relayé plusieurs médias dont Le Figaro et BMFTV :

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Je n'ai pas besoin de changer, j'ai toujours été attentif à ces questions. […] Ma famille est une famille qui a milité il y a bien longtemps, et notamment mes tantes et ma mère, au sein du mouvement féministe. Il avait été lancé à l'époque, dans les années 70, par Gisèle Halimi notamment. Donc voilà, si vous avez des doutes, regardez mon CV.

 

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Malgré cette impressionnante filiation, Arnaud Montebourg est parfois perçu comme un sexiste qui s'ignore. La faute à plusieurs écarts langagiers, comme cette fois où, sur le plateau de FranceInfo:, il a légèrement oublié qu'il était également interrogé par la journaliste Fabienne Sintes et non pas uniquement par des hommes. Concernant ce cas précis, Arnaud Montebourg a reconnu des "maladresses". "Il ne faut pas y voir autre chose que des maladresses liées finalement à une situation tout à fait particulière", s'est-il défendu ce mercredi, comme il l'avait déjà fait début janvier.

Cet *oubli* n'est cependant pas la seule "maladresse" d'Arnaud Montebourg vis-à-vis des femmes. On se rappelle de cette fois où, encore ministre, il appelait "la petite" une journaliste lui posant une question gênante. On se rappelle encore de ce moment où il nous a expliqué que la présence d'une femme à une élection "change l'atmosphère".

Cela commence à faire beaucoup. Et la prise de bec avec Laurence Ferrari dimanche, lors du deuxième débat de la primaire, n'a rien arrangé. Mardi, en marge d'un déplacement avec Gérard Filoche, Arnaud Montebourg est revenu sur cet échange, expliquant n'avoir absolument rien contre "la dame Ferrari". Encore une "maladresse" ?

En fin de journée ce mercredi 18, Arnaud Montebourg publie une tribune dans le JDD consacrée au féminisme : "Je suis féministe". Il y développe ses idées concernant la promotion de l'égalité hommes/femmes. Il explique :

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 Bien sûr, nous avons voté de belles lois, de grandes lois qui, les unes après les autres, ont permis de proclamer l’égalité et de gagner des libertés dont toutes et tous bénéficient aujourd’hui. Pourtant, les inégalités persistent, moins évidentes, plus sournoises. Beaucoup renoncent à les combattre, ce ne sera jamais mon cas.

Je suis féministe et je défends un projet qui n’oublie rien de ce combat. Pas plus qu’une société écologique, l’égalité réelle ne se décrète. Pour autant, je distinguerai ici un certains nombres de mesures, volontaristes et ciblées, pour répondre aux urgences de ces discriminations.

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De la lutte contre les inégalités dès l'école à la lutte contre les violences faîtes aux femmes, le candidat à la Belle Alliance Populaire dresse une série de mesures à mettre en oeuvre comme "l’introduction d’une sélection de grands auteurs féministes dans les listes d’ouvrages au programme de Français" ou encore modifier le congé paternité 'en rendant obligatoires les 11 jours de congé paternité suivant la naissance et en permettant à la mère de transférer une partie de son congé à son conjoint". 

[EDIT] 18H33  Ajout de la mention et des éléments de la tribune publiée dans le JDD.  

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