Attaqué sur son supposé communautarisme, Benoît Hamon contre-attaque sur l'absence de projet de Manuel Valls

Publié à 17h06, le 24 janvier 2017 , Modifié à 17h06, le 24 janvier 2017

Attaqué sur son supposé communautarisme, Benoît Hamon contre-attaque sur l'absence de projet de Manuel Valls
Manuel Valls et Benoît Hamon © Montage via AFP

Le climat s'est fortement tendu entre les camps des deux finalistes de la primaire de la Belle Alliance Populaire. Les attaques avaient débuté dès dimanche 22 janvier, au soir, lorsque Manuel Valls avait présenté Benoît Hamon comme un perdant certain de l'élection présidentielle.

Depuis, plusieurs proches de l'ancien Premier ministre, en on ou en off, ont accusé l'ancien ministre de l'Éducation nationale de faire le jeu du communautarisme, Malek Boutih allant jusqu'à dire que Benoît Hamon "est en résonance avec une frange islamo-gauchiste". Manuel Valls lui-même a jugé qu'il y avait chez son adversaire des "risques d’accommodements" avec l'islamisme radical. Une attaque digne de la fachosphère, selon Alexis Bachelay, porte-parole de Benoît Hamon.

Ce mardi après-midi, c'est au tour du premier homme du premier tour de la primaire de la BAP de répondre au procès en islamo-gauchisme que lui fait le camp Valls. Dans Ouest-France, Benoit Hamon dénonce un climat "assez violent", "fondé en partie sur des mensonges" relayés par les vallsistes.

Mais plutôt que d'embrayer sur le même terrain, le vainqueur du premier tour de la primaire de la BAP préfère attaquer l'ancien Premier ministre sur ses idées, et notamment sur son projet. Il dit :

 

"

J’invite Manuel Valls à la sobriété. On peut être incisif, fort, sans pour autant être dans l’oukase, l’agressivité. Je vois beaucoup de brutalité dans les arguments. Moi, je propose un futur désirable et désiré par beaucoup. Je revendique le long terme. C’est pour cela que j’accepte les critiques sur le revenu universel et la protection sociale, parce qu’elles sont inhérentes à ce projet de long terme. Mais je voudrais qu’en face on me propose un autre futur. […] Si on fait un test, là, c’est quoi son projet ? Est-ce que le revenu décent fait l’objet d’un quelconque chiffrage ? On est sur une fusion des minima sociaux, soit. C’est une réforme technique. Un socialisme pauvre.

"

Et Benoît Hamon de fustiger le comportement de Manuel Valls qui, dans la matinée, sur FranceInfo:, a refusé de dire s'il soutiendra Benoît Hamon en cas de victoire de ce dernier à la primaire. "Je ne répondrai pas à cette question car j'en vois tous les pièges", a-t-il tonné. "Il y a des règles et en général, j'ai plutôt respecté les règles. Je veux gagner. Il s'agit de l'avenir de la gauche, de la culture de responsabilité, de la culture du gouvernement", a ajouté l'ancien Premier ministre, ce qui équivaut à soutenir le vainqueur in fine.  

"Se revendiquer comme un homme d’État et n’être pas capable de respecter la règle du jeu, il me semble que ça n’est pas très sérieux", lui répond de manière cinglante Benoît Hamon dans Ouest-France.

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