Attaques contre la justice : François Hollande rappelle à François Fillon qu'être candidat à la présidentielle n'autorise pas tout

Publié à 16h31, le 01 mars 2017 , Modifié à 16h35, le 01 mars 2017

Attaques contre la justice : François Hollande rappelle à François Fillon qu'être candidat à la présidentielle n'autorise pas tout

La charge de François Fillon contre la justice a été particulièrement violente ce 1er mars. Après avoir annulé au dernier moment sa visite au Salon de l’agriculture, François Fillon a pris la parole à son QG de campagne pour annoncer qu’il maintenait sa candidature à l’élection présidentielle. Il a indiqué que son avocat avait été "informé" qu’il serait convoqué le 15 mars par les juges pour être mis en examen. Dénonçant une "enquête à charge, c’est-à-dire pour condamner", le député LR de Paris accuse la justice de ne pas le traiter équitablement. "Depuis l'origine, et contrairement à ce qui a été dit, je n'ai pas été traité comme un justiciable comme les autres. (...) L’Etat de droit a été systématiquement violé", a-t-il insisté. Lors de cette allocution, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a dénoncé derrière cette convocation judiciaire "un assassinat politique". 

François Hollande lui a répondu via un communiqué en début d'après-midi. Il explique : 

 

"

En tant que garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire, je tiens à m’élever solennellement contre toute mise en cause des magistrats dans les enquêtes et les instructions qu’ils mènent dans le respect de l’Etat de droit. Une candidature à l’élection présidentielle n’autorise pas à jeter la suspicion sur le travail des policiers et des juges, à créer un climat de défiance incompatible avec l’esprit de responsabilité et, pire encore, à lancer des accusations extrêmement graves contre la Justice et plus largement nos institutions. Le peuple français est souverain.  Il aura à se prononcer lors de la prochaine élection présidentielle. Mais je rappelle que la Justice est également rendue en son nom et que nul ne peut s’y soustraire.

"

Après avoir sermonné Marine Le Pen sur ses attaques contre les fonctionnaires, le Président intervient donc de nouveau dans la campagne. Il ne tient donc pas compte de la mise en garde de François Baroin, qui estimait qu'il devait à présent ne plus s'exprimer. Cette déclaration suit celle du garde des Sceaux qui de son côté rappelle que "l’indépendance de la justice est un principe à valeur constitutionnelle." Il explique :     

"

Les magistrats ne reçoivent aucune instruction individuelle, de qui que ce soit. Ils prennent leurs décisions en leur âme et conscience et statuent en droit. Ces décisions peuvent toutes être contestées par les voies de recours légales, comme le font des milliers de Français chaque année.

"

Du rab sur le Lab

PlusPlus