Attentat de Nice : Manuel Valls met en garde contre la "trumpisation" d'une partie de l'opposition

Publié à 14h39, le 17 juillet 2016 , Modifié à 14h47, le 17 juillet 2016

Attentat de Nice : Manuel Valls met en garde contre la  "trumpisation" d'une partie de l'opposition
Manuel Valls, Donald Trump, Christian Estrosi et Alain Juppé © Montage Le Lab via AFP
Image Etienne Girard

Etienne Girard

Contre-attaquer, Manuel Valls en a fait sa marque de fabrique depuis qu'il est Premier ministre. Après la pluie de critiques qui s'est abattu sur le gouvernement à la suite de l'attentat de Nice, il renvoie l'opposition dans les cordes, dans les colonnes du Journal du dimanche de ce 17 juillet.

Tout en affirmant vouloir se garder d'initier des polémique inutiles, le Premier ministre accuse Christian Estrosi d'avoir manqué de dignité dans ses réactions, par rapport à la maire de Paris Anne Hidalgo, en janvier et novembre 2015 :

"

Les services de l’État et la ville de Nice avaient préparé ensemble ce 14-Juillet. [...] Si Christian Estrosi, ancien maire de Nice, avait le moindre doute, il pouvait demander l’annulation du feu d’artifice. Il ne l’a pas fait. Il y a une différence nette entre la dignité d’Anne Hidalgo après les attentats de janvier et de novembre et l’attitude de Christian Estrosi.

"

Après l'attaque, le président de la métropole niçoise s'était interrogé sur la responsabilité du gouvernement, s'attirant les foudres de certains responsables du PS.

Manuel Valls poursuit en critiquant la "dérive démagogique" de "ceux qui étaient considérés comme modérés". On pense ici à Alain Juppé, qui a affirmé au lendemain de l'attentat que celui-ci aurait pu être évité. Pour le Premier ministre, les Français se chargeront de sanctionner ceux qui ont manqué de dignité :

"

Le rôle des responsables politiques c’est d’être dignes. Si certains dans l’opposition s’y refusent, si même ceux qui étaient considérés comme modérés participent à cette dérive démagogique, c’est très grave. Les Français ne l’accepteront pas.

"

Le Premier ministre enfonce finalement le clou en faisant référence à Donald Trump, candidat républicain à la présidentielle américaine et coutumier des propos provocateurs :

"

La réponse à l'État islamique ne peut pas être la 'trumpisation' des esprits.

"

A noter que dans les colonnes du Parisien de ce dimanche 17 juillet, Alain Juppé se fait plus nuancé. Il affirme son refus du fatalisme face au terrorisme, tout en reconnaissant "la difficulté de la tâche" de l'exécutif :

"

Je ne fais de polémique avec personne. Je connais la difficulté de la tâche, mais le fatalisme n'est pas une politique. Nous pouvons faire plus et mieux même si, bien sûr, le risque zéro n'existera jamais.

"

 

Du rab sur le Lab

PlusPlus