Aurélie Filippetti accuse Marine Le Pen de fascisme après ses menaces contre les fonctionnaires

Publié à 07h52, le 28 février 2017 , Modifié à 07h52, le 28 février 2017

Aurélie Filippetti accuse Marine Le Pen de fascisme après ses menaces contre les fonctionnaires
Aurélie Filippetti et Marine Le Pen © Montage via AFP

Les mots de Marine Le Pen dimanche 26 février à propos des fonctionnaires continuent de provoquer des remous, notamment à gauche. Voir une candidate à la présidentielle menacer entre les lignes les fonctionnaires de représailles s'ils participent aux enquêtes judiciaires en cours concernant le FN a profondément choqué le camp Hamon.

Invité de FranceInfo: lundi 27 février, Aurélie Filippetti, désormais soutien du candidat PS, n'a pas tergiversé. Pour l'ancienne ministre de la Culture, le comportement de Marine Le Pen a un nom : le fascisme.

Au moins, c'est clair.

Voici ce qu'elle a déclaré :

Il faut mettre des mots sur ce type de propos et sur cette idéologie. Ce type de propos, c'est du fascisme. C'est du fascisme, c'est-à-dire que madame Le Pen dit hier [dimanche] dans son meeting qu'elle va exiger des fonctionnaires qu'ils prêtent allégeance au Front national si jamais elle arrive au pouvoir. Ça veut dire qu'il n'y a plus de séparation des pouvoirs. Ça veut dire que ce qu'elle propose, c'est un système fasciste.

 

Aurélie Filippetti précise ne pas vouloir faire de comparaisons historiques "excessives". "C'est seulement la définition de ce qu'est un système fasciste", ajoute l'élu socialiste.

Pour mémoire, le fascisme est le nom du régime instauré en Italie entre 1922 et 1945, sous l'égide de Benito Mussolini. De manière plus générale, le fascisme renvoie désormais à tout régime autoritaire, arbitraire, violent et dictatorial imposé par quelqu'un à un groupe quelconque, à son entourage (selon la définition du Larousse).

Lundi,Benoît Hamon a lui-même dénoncé les propos de Marine Le Pen. "On n'aura plus que des fonctionnaires d'accord avec le Front national, l'indépendance de la justice et des médias, c'est fini. Les juges n'auront plus d'indépendance, les médias seront mis au pas : c'est la fin de la démocratie", a tonné le candidat socialiste à la présidentielle.

Dimanche, Marine Le Pen a clairement prévenu les fonctionnaires que participer aux enquêtes dans lesquelles elle est mise en cause (directement ou indirectement) aurait des conséquences pour eux si elle arrivait au pouvoir. Dans un discours musclé, la présidente du FN a menacé :

Je veux dire aux fonctionnaires, à qui un personnel politique aux abois demande d’utiliser les pouvoirs d’État pour surveiller les opposants, organiser à leur encontre des persécutions, des coups tordus, ou des cabales d’État, de se garder de participer à de telles dérives. Dans quelques semaines, ce pouvoir politique aura été balayé par l’élection. Mais ses fonctionnaires, eux, devront assumer le poids de ces méthodes illégales. Ils mettent en jeu leur propre responsabilité. L’État que nous voulons sera patriote.

 

Un État "patriote" et sans fonctionnaires qui aurait pu agir contre ses intérêts, donc. Marine Le Pen a insisté. "L'État de droit est le contraire du gouvernement des juges, a-t-elle estimé. [...] Les magistrats sont là pour appliquer la loi, pas pour l'inventer, pas pour contrecarrer la volonté du peuple, pas pour se substituer au législateur."

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