Bayrou sur Fillon : "Jamais un candidat à la présidentielle n’a été ainsi sous l’influence des puissances d’argent"

Publié à 08h24, le 08 février 2017 , Modifié à 12h46, le 08 février 2017

Bayrou sur Fillon : "Jamais un candidat à la présidentielle n’a été ainsi sous l’influence des puissances d’argent"
François Bayrou © Montage Le Lab via captures d'écran France 2

Depuis les révélations sur les emplois fictifs présumés de Penelope Fillon, François Bayrou a accéléré dans son offensive contre le candidat LR à la présidentielle. Invité de France 2 ce mercredi 8 février, il a accusé François Fillon d’être "sous l’influence des puissances d’argent" :

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Jamais, dans l’histoire de la République, un candidat aux plus hautes fonctions, à la présidence de la République, n’a été ainsi sous l’influence des puissances d’argent. Si vous jetez un coup d’œil sur l’ensemble du champ politique aujourd’hui, alors vous verrez que l’argent s’insinue partout, qu’il y a de très gros moyens qui sont déployés et tout ceci fait que la responsabilité qui est celle d’un gouvernant, d’un dirigeant, elle est soupçonnée. La chose la plus importante que nous ayons à faire aujourd’hui, c’est reconstruire cette confiance.

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Lors de son opération "vérité" lundi, François Fillon a cité quelques clients de sa société de conseil "2F Conseil" : "la société Fimalac", dont son ami Marc Ladreit de Lacharrière est le PDG, "la banque Oddo", ainsi que l'assureur Axa, alors dirigée par Henri de Castries, qui a depuis rejoint l’équipe de campagne de François Fillon et pourrait se voir offrir le ministère de l’Économie. Poursuivant sa charge contre le "puissant" Fillon, François Bayrou a dénoncé ces pratiques :

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- François Bayrou : De très grandes sociétés multinationales se payent des hommes politiques, donnent de l’argent aux hommes politiques pour qu’ils les aident à ouvrir des portes, comme on dit, à se servir de leurs relations pour leurs intérêts.



- Journaliste : Vous pensez à quoi ?



- François Bayrou : Ce qui a été annoncé hier, y compris par François Fillon lui-même, par sa société de conseil et les sommes incroyables, 200.000 euros par-ci, 200.000 euros par là...



- Journaliste : Vous pensez à Axa ?



- François Bayrou : Entre autres ! S’il y en avait qu’une… La responsabilité politique doit normalement être mise à l’abri des intérêts. La France a besoin d’un président de la République qui leur garantit la loyauté, l’intégrité du débat.

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Dimanche, le maire de Pau avait estimé dimanche que François Fillon n'avait "pas d'autre solution" que de se retirer de la course à la présidentielle, l'affaire des emplois fictifs présumés de son épouse et de deux de ses enfants constituant "une atteinte à la décence". Depuis, le candidat LR a repris sa campagne, après avoir présenté ses "excuses aux Français" lundi.



[EDIT 10h05]

Interrogé sur iTélé, le député LR Bernard Accoyer a jugé "scandaleuse" la déclaration de François Bayrou qui, selon lui, vise uniquement à faire parler de sa future candidature (présumée) :

 

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C’est une attitude et une déclaration qui sont scandaleuses. On voit bien quel est le jeu de monsieur Bayrou. Monsieur Bayrou nous annonce qu’il va être candidat et donc il veut faire parler de lui une nouvelle fois. [...] Monsieur Bayrou, avec une démagogie qui l’a souvent caractérisé, rentre en campagne et cherche à faire braquer sur lui les projecteurs, quel que soit le mal qu’il puisse faire au débat démocratique. Je trouve que c’est grave, de la part de quelqu’un qui a souvent donné des leçons.

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[EDIT 12h45]

"Je pense que l'attaque de monsieur Bayrou est juste", a estimé Jean-Christophe Cambadélis lors de l'émission Questions d'info LCP/Le Monde/AFP/France Info. "Je ne voudrais pas être cruel mais imagine-t-on le général de Gaulle conseiller rémunéré des multinationales ?", a ironisé le Premier secrétaire du PS, en référence à une pique lancée par François Fillon à Nicolas Sarkozy pendant la primaire de la droite: "Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ?"

Pour "Camba", le candidat LR à la présidentielle "a un rapport assez bizarre à l'argent". Il a fustigé :

 

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Les questions d'argent sont des questions importantes pour lui. Il faut voir quand même que le candidat à l'élection présidentielle doit incarner l'intérêt général et qu'à partir du moment où vous avez cet intérêt particulier et cette liaison avec de nombreuses multinationales, vous allez avoir du mal à incarner l'intérêt national.

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