Benoît Hamon met en garde contre Emmanuel Macron, "libéral-autoritaire" mais "souriant"

Publié à 08h18, le 30 juin 2017 , Modifié à 08h53, le 30 juin 2017

Benoît Hamon met en garde contre Emmanuel Macron, "libéral-autoritaire" mais "souriant"
© Montage le Lab via AFP

Benoît Hamon est capable de reconnaître des qualités à son ex-adversaire à la présidentielle Emmanuel Macron, devenu Président quand lui n'a obtenu que 6,4% des suffrages. "Là où Macron a raison, il faut le reconnaître, c'est dans sa dénonciation de l'imposture du clivage droite-gauche tel qu'il était jusqu'ici interprété", admet-il dans Libération, vendredi 30 juin. Mais l'ancien ministre de l'Éducation embraye très rapidement sur des critiques. Il juge très sévèrement la façon dont le chef de l'État exerce le pouvoir :

 

"

Je me rappelle de ces enquêtes d'opinion dans lesquelles une majorité de Français disaient avant la présidentielle que la France a besoin d'une figure autoritaire à l'Elysée. Macron s'inscrit dans ce contexte et il faut reconnaître que tout ce qu'il fait, il le fait avec méthode et habileté. Mais il n'en reste pas moins un libéral-autoritaire.

"

Le socialiste poursuit, attaquant au passage l'autre finaliste de la primaire de la Belle Alliance Populaire, Manuel Valls, qui l'a trahi. Il déclare :

 

"

Ce que beaucoup à gauche redoutaient dans Valls, qui incarnait agressivement cette synthèse, ils vont l'avoir avec un Macron souriant. Ce qui se met en place, c'est un pouvoir autoritaire, hypercentralisé et concentré dans les mains d'un homme et de quelques-uns de ses obligés, où les intérêts des oligarques sont au premier plan.

"

 

Il prédit que "cette hyperconcentration du pouvoir va entrer en collision avec les Français, avec leurs difficultés, avec le réel" et conduire à "des rébellions, des jacqueries". "C'est la nature du pouvoir qui est en question, car il est générateur de violences", conclut Benoît Hamon, qui doit lancer samedi à Paris un nouveau mouvement politique.

Jeudi sur CNews, le chef de file du groupe LR à l'Assemblée Christian Jacob en a appelé à Emmanuel Macron "pour que les droits de l'opposition soient respectés", après que le Constructif Thierry Solère a chipé à Éric Ciotti le poste de questeur réservé à l'opposition.

Du rab sur le Lab

PlusPlus