Bien décidé à ce qu'on l'aime, Alain Juppé multiplie les attaques subtiles contre Nicolas Sarkozy

Publié à 13h28, le 26 août 2015 , Modifié à 13h40, le 26 août 2015

Bien décidé à ce qu'on l'aime, Alain Juppé multiplie les attaques subtiles contre Nicolas Sarkozy
Alain Juppé indiquant la sortie à Nicolas Sarkozy © AFP

Froid, lui ? Distant ? Et quoi d'autre ? Pas du tout : Alain Juppé a un petit cœur qui bat derrière son armure. Et le prétendant à la fonction présidentielle a bien l'intention de le prouver. Après le JDD dimanche, c'est au Monde, ce  mercredi 26 août, que l'ancien Premier ministre explique combien il a changé et comment il veut être aimé. "Oui, j’ai changé", dit-il façon Nicolas Sarkozy en 2007. Ou 2012. Voire 2014.

Il a tellement changé et il aspire tant à être aimé qu'il se lâche. Enfin, un peu. Alain Juppé a évolué mais il reste Alain Juppé. Ses attaques contre ses adversaires sont donc subtiles et se font toujours par comparaison avec sa propre personne.

Prenons, au hasard, le cas de Nicolas Sarkozy. Dans son interview au Monde, Alain Juppé dissémine plusieurs piques contre l'ancien président. Un exemple :

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En qui les Français vont-ils placer leur confiance pendant cinq ans ? C’est là-dessus que cela va se jouer. Pas sur le physique…

 

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"Pas sur le physique". Tout le contraire de ce que pense Nicolas Sarkozy comme l'avait écrit Paris-Match, cet été.

Mais puisqu'on parle de physique, Alain Juppé en a un tout petit peu marre que certains évoquent son âge. Un peu plus loin, il explique d'ailleurs que c'est un faux débat vu qu'Hillary Clinton a "seulement deux ans de moins" que lui. Mais l'ancien Premier ministre ne s'arrête pas là. Ainsi, lorsqu'il explique pourquoi il est plus modéré que l'ex-président sur les questions de l'immigration et de l'islam,  le maire LR de Bordeaux glisse :

 

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Je suis un homme de droite non sectaire qui veut éviter les clivages inutiles, les polémiques qui s’embrasent et créent beaucoup de dégâts dans un flot d’informations en continu. Je veux me consacrer à l’essentiel et rechercher ce qui rassemble plutôt que ce qui divise.

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Difficile de ne pas lire dans ces déclarations une description, par l'inverse, de Nicolas Sarkozy. Mais peut-être fabule-t-on. Car après tout, Alain Juppé n'est qu'amour. "Pourquoi un homme politique n’aurait-il pas envie d’emporter l’adhésion de ses concitoyens ? Mais je n’ai aucune revanche à prendre", dit-il alors que Le Monde l'interroge sur ses motivations présidentielles. "Aucune revanche"… Pas comme... non non, pardon, on extrapole encore.

 

[BONUS TRACK] Allez les musulmans, du nerf !

Alain Juppé parle souvent d'islam. Alors certes, il n'a pas lu le Coran. Il a essayé, mais c'est compliqué. Mais ce n'est pas pour ça qu'il ne veut pas lutter contre les amalgames car il est, dit-il, "préoccupé par la globalisation du rejet de l'islam". Et ce rejet, d'après lui, c'est aussi un peu la faute des musulmans. Il en vient donc à appeler franchement les croyants à se désolidariser des terroristes :

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Je l’ai souvent dit à nos amis musulmans : ils doivent monter au créneau, dire que le djihadisme n’est pas leur religion, que l’islam, ce n’est pas la mort. Certains le disent mais pas assez

 

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Du rab sur le Lab

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