Brexit : François Hollande se place en leader de l'immédiat après-référendum

Publié à 12h52, le 24 juin 2016 , Modifié à 14h20, le 24 juin 2016

Brexit : François Hollande se place en leader de l'immédiat après-référendum
François Hollande © STEPHANE DE SAKUTIN POOL AFP

FOLLOW MY PANACHE FRANÇAIS - Pour sa première réaction au Brexit décidé par référendum au Royaume-Uni, vendredi 24 mai, François Hollande a voulu se montrer en chef d'État à l'initiative. Et ce alors qu'il lui a été grandement reproché, par l'opposition française de droite comme d'extrême droite, d'avoir été "absent" de la campagne sur cette sortie de l'Union européenne. Depuis l'Élysée quelques heures après l'annonce des résultats, le président de la République a donc mis en avant sa volonté d'être le leader de la gestion de crise dans cet immédiat après-Brexit.

"J'irai lundi à Berlin pour évoquer avec madame Merkel ce qui doit être fait en prévision du Conseil européen de mardi", a-t-il ainsi annoncé, soulignant le rôle de la France en Europe :

 

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La France a une responsabilité particulière parce qu'elle est au cœur de l'Europe, qu'elle l'a voulue et l'a bâtie. [...] Puisque l'Histoire est là, soyons à la hauteur de la circonstance que nous traversons.

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Ces derniers jours, le délitement des relations à l'intérieur du couple franco-allemand avait été pointé notamment par Nicolas Sarkozy qui, depuis la capitale allemande, avait fait l'éloge du fameux "Merkozy" tout en considérant que "dans le couple franco-allemand, il manque un Français". 

François Hollande a aussi précisé qu'en vue de ce conseil européen, il allait rencontrer les chefs de partis français. Et le même de dessiner les contours du "projet" politique qu'il compte défendre dans les jours qui viennent : de la simplification et moins de "procédures", tout cela pour réveiller "l'espoir" des peuples en l'Europe. Car "un sursaut est nécessaire" et "l'Europe, pour aller de l'avant, ne peut plus faire comme avant", a-t-il affirmé.

 

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La France sera à l'initiative pour que l'Europe se concentre sur l'essentiel : la sécurité et la défense de notre continent pour protéger nos frontières et pour préserver la paix face aux menaces, l'investissement pour la croissance et pour l'emploi pour mettre en oeuvre des politiques industrielles dans les domaines des nouvelles technologies et de la transition énergétique, l'harmonisation sociale et fiscale pour donner à nos économies des règles et à nos concitoyens des garanties. Enfin, le renforcement de la zone euro et de sa gouvernance démocratique.

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Il a surtout plaidé pour une UE au service des "citoyens", qui doivent la "contrôler", et qui n'empiète pas sur les "compétences" des "États-nations", assurant qu'il "ferait tout" pour éviter un éclatement de l'Union :

 

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L'Europe, c'st ma conviction, doit porter des projets et ne pas se perdre en procédures. Elle doit être comprise et contrôlée par les citoyens. Elle doit décider vite là où on l'attend et laisser une fois pour toutes aux États-nations ce qui relève de leurs seules compétences. [...] L'Europe est une grande idée et pas seulement un grand marché. Et c'est sans doute à force de l'avoir oublié qu'elle s'est perdue. L'Europe doit continuer à être un espoir pour sa jeunesse. Ce qui se joue, c'est la dilution de l'Europe au risque du repli. Je ferai tout pour que [nous choisissions] le changement profond plutôt que le repli.

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Quelques minutes plus tard, Manuel Valls tenait peu ou prou le même discours

[Edit 14h20]

Sans surprise, voilà qui n'a pas franchement séduit Jean-Luc Mélenchon :

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