Brexit : Nicolas Sarkozy et François Hollande veulent que l'Union cesse de s'occuper de tout

Publié à 17h24, le 24 juin 2016 , Modifié à 18h23, le 24 juin 2016

Brexit : Nicolas Sarkozy et François Hollande veulent que l'Union cesse de s'occuper de tout

Après le résultat du référendum britannique qui a vu le "leave" l'emporter, François Hollande veut prendre l'initiative : consultation des partis politiques, des partenaires européens et un passage par Berlin avant le Conseil européen qui se tiendra les 28 et 29 juin. Dans son allocution ce 24 juin, François Hollande a rappelé le rôle particulier de la France en Europe. Il estime que cette dernière doit changer. Il explique : 

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La France sera à l'initiative pour que l'Europe se concentre sur l'essentiel : la sécurité et la défense de notre continent pour protéger nos frontières et pour préserver la paix face aux menaces, l'investissement pour la croissance et pour l'emploi pour mettre en oeuvre des politiques industrielles dans les domaines des nouvelles technologies et de la transition énergétique, l'harmonisation sociale et fiscale pour donner à nos économies des règles et à nos concitoyens des garanties. 

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Il ajoute, utilisant un vocabulaire peu habituel pour le président de la République :

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L'Europe doit porter des projets et ne pas se perdre en procédures. Elle doit être comprise et contrôlée par les citoyens. Elle doit décider vite là où on l'attend et laisser une fois pour toutes aux Etats-nations ce qui relève de leur seule compétence.

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C'est le "mandat" dit-il qu'il portera au Conseil européen mardi. Un peu plus tard, en début d'après midi ce 24 juin, Nicolas Sarkozy s'est exprimé lui aussi sur la gestion politique post-Brexit. Il constate lui aussi que l'Europe ne "pouvait plus fonctionner comme actuellement" : "La question de sa refondation profonde est urgente. Elle n'a que trop tardé." Il demande une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement pour "prendre la décision d'élaborer un nouveau traité" autour de 5 piliers. Parmi ces piliers (un nouveau Schengen, l’arrêt de l'élargissement, la limitation des pouvoirs de la Commission européenne), il y en a un qui ressemble furieusement au "mandat" que s'est donné François Hollande. Nicolas Sarkozy détaille:          

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Le principe de de subsidiarité doit devenir enfin une réalité. Les compétences européennes doivent être regroupées autour d'une petite dizaine de priorités stratégiques comme l'agriculture, l'énergie, la concurrence, la politique commerciale, la recherche. Tout le reste, les autres compétences devront être renvoyées sans délai à la souveraineté des Etats membres. 

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Il ajoute, à propos de l'idéal européen : "Cet idéal, je le veux avec les peuples d'Europe, pas contre eux. Il y a une civilisation européenne, une identité européenne, une culture et un mode de vie européens qui reposent sur les nations. Ce sont d'abord les nations qui sont notre force".

On le voit, quand Hollande estime qu'"une fois pour toutes" le principe de subsidiarité doit être appliqué, Nicolas Sarkozy répond qu'il doit "enfin devenir une réalité". Sous entendu : l'Union européenne s'occupe aujourd'hui de beaucoup trop de dossiers, qui devraient revenir aux Etats. L'Ex et l'actuel Président pour une fois sur la même ligne, donc.   

Le principe de subsidiarité, consacré par le traité de Lisbonne, est un principe fondamental de l’Union. Comme le précise le site Vie publique, il stipule que l'Union ne doit s'occuper que des questions qu'elle est plus apte à régler que les Etats membres. "Le principe de subsidiarité ne s’applique qu’aux questions relevant d’une compétence partagée entre l’Union et les États membres, qui posent fréquemment des problèmes d’attribution. Il ne concerne pas les domaines relevant de la compétence exclusive de la l’Union (ex : politique de la concurrence), ni ceux qui demeurent de la seule compétence des États (ex : droit de la nationalité)." 

Du rab sur le Lab

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