Bruno Retailleau (LR) prédit une réforme constitutionnelle "hémiplégique" sans la déchéance de nationalité

Publié à 08h41, le 11 mars 2016 , Modifié à 08h41, le 11 mars 2016

Bruno Retailleau (LR) prédit une réforme constitutionnelle "hémiplégique" sans la déchéance de nationalité
Bruno Retailleau. © FRANK PERRY / AFP

A QUI LA FAUTE ? - Le débat sur la réforme constitutionnelle, et particulièrement autour de la déchéance de nationalité, est toujours là. Surtout depuis l’arrivée du texte devant la commission des lois du Sénat. Une commission qui a rétabli la déchéance de nationalité exclusivement pour les binationaux à la différence de l’Assemblée nationale où un compromis précaire avait été trouvé sur la déchéance pour tous.

Sauf que le Sénat ne veut pas créer d’apatrides et a donc modifié le texte issu de la chambre basse. Invité de France Info ce vendredi 11 mars, Bruno Retailleau a affirmé que l’on allait "éviter l’apatridie". "On colle au plus près de l’engagement du président de la République", souligne le patron des sénateurs LR rappelant le discours de François Hollande devant le Congrès à Versailles.

Déplorant que "l’engagement du président de la République" ait été "affadi" par l’Assemblée nationale et sa majorité de gauche puisque "la mouture votée par les députés rend possible l’apatridie", Bruno Retailleau prédit une révision constitutionnelle partielle ne contenant que l’article 1 constitutionnalisant l’état d’urgence. Il dit :

"

Ça peut finir comme ça (avec seulement l’article 1, ndlr). On le voterait. Le Sénat est la maison des garanties des libertés publiques et individuelles. On voit bien que ça n’aura plus le même sens. Ce sera une réforme hémiplégique. On aura l’état d’urgence mais on n’aura plus la déchéance.

"

Et de rappeler, sur l’apatridie, comme pour mieux se justifier en cas d’échec de la réforme de la Constitution et qu’on ne puisse accuser la droite de l’avoir fait échouer :

"

C’est stupide l’apatridie. Quand vous créez un apatride, vous l’avez ad vitam aeternam. C’est un retour en arrière aux années les plus noires de notre histoire.

"

Le point Godwin n'est pas loin. Mais surtout, l’opposition ne veut pas porter le chapeau d’une impossibilité de mener à terme cette révision constitutionnelle voulue par François Hollande au lendemain des attentats du 13 novembre 2015. Et la gauche elle non plus ne veut pas être accusée d’être à l’origine de l’échec. Ainsi Patrick Mennucci, député PS impliqué sur le sujet, a-t-il lui aussi prédit "l’enterrement" de la mesure sur la déchéance de nationalité. Tout en rejetant la faute sur... la droite et le Sénat.

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