VIDÉO - Ce moment où les candidats à la primaire de la droite se balancent leurs démêlés judiciaires à la figure

Publié à 00h03, le 14 octobre 2016 , Modifié à 00h05, le 14 octobre 2016

VIDÉO - Ce moment où les candidats à la primaire de la droite se balancent leurs démêlés judiciaires à la figure
© AFP

INSTANT DÉBAT – Il fallait forcément que le sujet vienne sur la table même s'il aura fallu attendre la deuxième partie du débat entre les candidats à la primaire de la droite organisé par TF1 / RTL / Le Figaro pour que cela arrive. Après la coupure pub est venu le temps de parler de justice et d'exemplarité. Vu les démêlés des uns et des autres avec la justice, la question a débouché sur un déballage surréaliste. Si affrontement il y a ce jeudi soir, c'est là. 

Bruno Le Maire est le premier à allumer la mèche. Tel Léa Salamé face à François Hollande, l'homme du renouveau balance :

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Vous êtes sérieux Alexis Brézet ? Vous savez que dans notre République, quand on veut être candidat à la fonction publique, il faut présenter un extrait de son casier judiciaire. Et on n'exigerait pas la même chose d'un candidat à une élection locale, à une élection nationale ? Oui, c'est une exigence de transparence, oui, c'est une exigence d'exemplarité. Ça ne vise personne mais ça concerne tout le monde.

 

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"Ça ne vise personne", certes, mais Alain Juppé pourrait tout de même le prendre un peu pour lui, lui qui a été condamné en 2004 dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Alors l'ancien Premier ministre rétorque :

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Je tiens mon casier judiciaire à la disposition de Bruno. Il est connu, tout le monde connaît la condamnation qui m'a été infligée, on ne va pas reprendre l'histoire qui est déjà ancienne. La Cour d'appel a bien voulu dire que je ne m'étais rendu coupable d'aucun enrichissement personnel et que je ne devais pas être le bouc émissaire d'une responsabilité collective.

 

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Mais qu'en pense Nicolas Sarkozy ? Parce que si on parle de démêlés judiciaire, l'avis de l'ancien chef de l'État peut être important. Celui qui est mis deux fois en examen répond à François Fillon qui disait ne pas imaginer De Gaulle dans la même situation :

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Ce ne sont pas des déclarations qui honorent ceux qui les prononcent. Mon casier judiciaire, après 37 ans de vie politique, est vierge : je n'ai jamais été condamné. Et depuis 5 ans, je suis sans doute le Français qui été le plus écouté, perquisitionné, interrogé. Pour quel résultat ? Cinq non-lieux.  

 

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Et l'ancien chef de l'État qui explique que s'il avait "quoi que ce soit" à se reprocher, il ne se présenterait pas. On notera juste, comme l'avait relevé début octobre L'Obs, que Nicolas Sarkozy n'a pas, comme il le prétend, bénéficier de cinq non-lieux. Il a bénéficié d'un non-lieu dans le volet abus de faiblesse de l'affaire Bettancourt. Il a également bénéficié d'un non-lieu général dans l'affaire des pénalités imposées après le dépassement du plafond de dépenses de campagne en 2012. Mais il a été mis en examen dans le dossier Bygmalion, pour "financement illégal de campagne électorale", et en 2014 dans l'affaire dites des "écoutes".

Mais reprenons le fil du débat. Jean-François Copé parle lui aussi de justice et de "l'attaque en règle" dont il a été la cible lors de l'affaire Bygmalion et dans laquelle il a été innocenté. Il lance :

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Si j'entendais la vindicte, c'était moi le coupable de tout. L'enquête approfondie des magistrats, qui ont travaillé, a montré mon innocence totale. Je veux juste dire un point là-dessus : oui, c'est vrai, si j'avais été mis en examen, je n'aurais pas été candidat.

 

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Et bam. Sans viser personne, d'accord, mais quand même, certains ont les oreilles qui sifflent. Mais Jean-François Copé ne dira pas non plus que son voisin Nicolas Sarkozy n'a pas sa place dans la primaire. Il ne faut pas abuser.



Et qu'en pense François Fillon qui a été virulent contre Nicolas Sarkozy sur ce thème ? Dans le livre Un président ne devrait pas dire ça… (éd. Stock), François Hollande confirme que l'ancien Premier ministre a demandé au secrétaire général de l'Élysée d'accélérer les procédures judiciaires visant Nicolas Sarkozy. François Fillon répond :

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Monsieur Jouyet est un menteur. Et je découvre que le président de la République française, non seulement est inefficace et incompétent, mais c'est en plus un manipulateur. Et moi j'ai honte, j'ai honte pour mon pays, de voir que le président de la République française se prête à des accusations aussi médiocres.

 

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Et François Fillon d'assurer que le tribunal a reconnu qu'il avait été diffamé, ce qui est peu plus compliqué.

Les deux autres candidats, Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Frédéric Poisson - comme Bruno Le Maire - n'étant pas mêlés à des affaires judiciaires en cours, ils ne peuvent pas balancer leurs casiers aux autres. Ce qui leur a laissé un peu de temps de parole pour les autre sujets.

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