Ce moment où Luc Carvounas demande à François Hollande de ne pas le soutenir

Publié à 16h37, le 24 janvier 2018 , Modifié à 16h37, le 24 janvier 2018

Ce moment où Luc Carvounas demande à François Hollande de ne pas le soutenir
François Hollande et Luc Carvounas. © AFP

En France, quand un Président perd alors qu'il brigue un second mandat, il s'en suit toujours une période ambiguë, un pied dedans, un pied dehors de la politique. Nicolas Sarkozy n'a-t-il pas raccroché les gants par deux fois ? Eh bien, pour François Hollande, c'est pareil. Le sas de décompression post-Elysée prend du temps.

Sauf que depuis fin 2016 et le renoncement de François Hollande, les socialistes font tout pour éviter de porter sur leurs dos l'héritage du hollandisme, Benoît Hamon le premier. Alors, sans grande surprise, parmi les candidats au poste de Premier secrétaire du Parti socialiste, on est dans la même logique (sauf, bien sûr, Stéphane Le Foll, dernier des hollandais).

Ainsi peut-on lire ce mercredi 24 janvier dans La Dépêche cette petite phrase de Luc Carvounas. La scène : un dîner entre le candidat ex-vallsiste ex-hamoniste, "un de ses amis", écrit le quotidien régional, et François Hollande.

Luc Carvounas lui lance alors :

 

"

François, si tu veux faire quelque chose pour moi, alors ne me soutiens pas.

"

 

Sympa. D'ailleurs, toujours selon La Dépêche, cela fait sourire François Hollande. Luc Carvounas est bien conscient que le quinquennat Hollande n'est pas forcément un avantage. Il précise d'ailleurs :

 

"

[Les militants] n'en veulent pas à François Hollande, mais ils parlent de la gauche au pouvoir, de la manière dont nous avons renié nos valeurs sur le plan économique.

"

 

D'ailleurs, mardi 23 janvier, Luc Carvounas publiait une lettre ouverte aux militants pour s'excuser d'avoir soutenu le projet de réforme de la Constitution pour y inscrire la déchéance de nationalité pour les terroristes. Il faut dire que ce fut un des moments les plus clivants de l'action de François Hollande, une sorte de point de non-retour.

De son côté, le Président à la retraite profite de son temps libre pour rencontrer des camarades socialistes dans ses nouveaux bureaux, à Paris. En août dernier, son chef de cabinet Fédéric Monteil assurait qu'il recevait "tous ceux qui vont jouer un rôle" dans le Congrès du PS, lequel se tiendra le week-end du 7 avril. Plus récemment, début janvier, François Hollande faisait un constat alarmiste sur l'état de son parti : "C’est catastrophique. On a touché le fond." Visiblement, certains espèrent retrouver la surface de l'eau sans son aide.

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