Cécile Duflot dresse la longue liste des renoncements écologistes du quinquennat de François Hollande

Publié à 11h02, le 08 août 2016 , Modifié à 11h02, le 08 août 2016

Cécile Duflot dresse la longue liste des renoncements écologistes du quinquennat de François Hollande
© AFP

Imaginez que vous êtes un responsable politique (potentiellement) candidat à l’élection présidentielle. En ce 8 août, vous choisissez de vous exprimer sur…

1/ La journée du chat

2/ Le jour du dépassement de la Terre

Cécile Duflot a préféré l’option numéro deux. Alertée par cet événement - l’humanité a épuisé ce jour les ressources dont elle dispose et qu’elle ne peut renouveler qu’en douze mois, et vit au-dessus de ses moyens jusqu’au 31 décembre - la députée écologiste de Paris en a profité pour dézinguer la politique écologiste (ou l’absence de ?) du quinquennat de François Hollande, ce lundi sur France Info.

Quelques jours après s’en être pris à Emmanuel Macron, qui a vanté le nucléaire comme "une industrie de souveraineté", la députée écologiste de Paris a dressé la longue liste de ce qu’elle considère comme des renoncements écologistes depuis le début du quinquennat. Tout y passe, de la suppression des trains de nuit aux autocars Macron en passant par Notre-Dame-des-Landes. Elle constate ainsi un "gouffre entre le discours et les actes" :

 

"

On a voté une loi sur la transition énergétique - je l’ai votée - sauf qu’aujourd’hui c’est une loi de papier. C’est une loi qui visait à diminuer la part du nucléaire, à développer les renouvelables. Et aujourd’hui, on entend le gouvernement soutenir un projet aberrant, Hinkley Point, qui vraiment est un projet du XXe siècle, qui en plus risque de placer EDF dans une situation d’extrême difficulté. Donc toute la question, c’est de passer aux actes. Évidemment que l’État devrait dire stop. On fait prendre un risque vital à EDF, alors qu’Areva est aujourd’hui en situation de faillite. C’est évidemment la raison du départ de son directeur financier il y a quelques semaines. [...]

Pour nous, écologistes, c’est terrible de le constater. C’est l’été de tous les reculs écologistes. On supprime les trains de nuit en même temps qu’on développe des bus. On supprime ce qui engageait la transition énergétique, c’est-à-dire la volonté de développer les renouvelables de façon massive en disant, comme l’a dit le ministre de l’Industrie, que le nucléaire était non négociable et que c’était un outil de souveraineté. On a relancé le projet très coûteux projet du Lyon-Turin alors qu’on sait qu’on a des projets beaucoup moins coûteux en matière de ferroviaire et beaucoup plus utiles. Je ne vous parle pas de l’obsession sur Notre-Dame-des-Landes. Bref, il y a un vrai problème de passage à l’acte.

"

 

L’ancienne ministre du Logement poursuit en s’attaquant de nouveau à Emmanuel Macron en particulier, et en suggérant très fortement que le gouvernement n’a pas de volonté politique sur l’écologie :

"

Oui, je pense qu’[Emmanuel Macron] a lancé clairement une offensive anti-écologiste qui est absolument aberrante dans la période. Le dérèglement climatique, c’est aujourd’hui une réalité scientifique qui en plus va plus vite et sur les plus mauvais scénarios que ceux qui ont été établis il y a cinq ou dix ans. Il faut agir vite et on a été capable de le faire dans l’histoire, souvenez-vous du trou de la couche d’ozone : les choses vont dans le bon sens quand il y a une volonté politique.

"

La candidate putative à l’élection présidentielle explique ensuite, si ce n’était pas clair, que les positions du ministre de l’Industrie engagent l’ensemble du gouvernement car, "sans un Premier ministre, sans un Président de la République qui ne sont pas d’accord avec ce type de politique, ça ne se met pas en oeuvre". Et de conclure :

"

Aujourd’hui, ce quinquennat est en train de devenir un quinquennat gâché pour l’écologie, malgré l’accord de Paris… parce qu’il ne faut pas que ça reste des engagements de papier, il faut passer aux actes.

"


[BONUS TRACK]

Cécile Duflot n’a pas encore officialisé sa candidature à la primaire EELV, mais a confirmé sur France Info son "envie d’y participer"... tout en émettant quelques réserves sur le processus même de la primaire.

"

Je sais d'expérience que la primaire chez les écologistes a toujours été un moment très difficile, voire un des éléments de fragilisation des écologistes. Donc si les conditions de la primaire permettent de transmuter la primaire, de ne plus en faire un boulet, mais un point d'appui pour une campagne présidentielle qui porte les idées de l'écologie et qui nous emmène plus loin que ce que nous avons fait jusqu'alors, alors oui bien sûr j'aurai envie d'y participer. [...] Comme je souhaite que nous franchissions un palier, que nous n'en restions plus à cette petite famille qui se regarde en chiens de faïence, qui se coupe les cheveux en quatre et qui n'est pas à la hauteur des enjeux, je ne veux pas que nous reproduisions cette expérience.

"

Cécile Duflot a en tout cas jusqu’à la fin du mois d’août pour se décider. Les eurodéputés Yannick Jadot et Michèle Rivasi se sont d’ores et déjà portés candidats.

Du rab sur le Lab

PlusPlus