Cécile Duflot invente la (presque) déclaration de candidature présidentielle par mail aux militants

Publié à 11h43, le 08 juillet 2016 , Modifié à 12h18, le 08 juillet 2016

Cécile Duflot invente la (presque) déclaration de candidature présidentielle par mail aux militants
Cécile Duflot © AFP

CÉCILE 2017- Se déclarer candidat à la présidentielle, c’est tout un art. Des lignes et des lignes ont été écrites sur la déclaration ratée de Michel Rocard, qui se trompe de caméra, en 1980 ou sur le fax à l’AFP de Lionel Jospin en 2002.

Des analyses poussées ont été faites autour du simple "oui" de Mitterrand à la télévision en 1988 ou du discours de François Hollande à Tulle, en 2011, dans l’indifférence générale. L’histoire de la cinquième République est truffée de ces moments mythiques où le politique dévoile ses ambitions devant les Français. Ils sont en général appréciés à la lumière du résultat final comme autant de signes avant-coureurs de l’échec ou du triomphe d’un candidat.

Dans ce registre, la déclaration de candidature à l’élection présidentielle de Cécile Duflot vient de marquer l’histoire de la vie politique française. Pas tant en raison  des chances de la députée écologiste de remporter l’élection en 2017. Elles demeurent modestes. Non, ce qui créera à n’en pas douter un précédent, c’est la démarche choisie par l’ex-ministre. Cécile Duflot vient d’inventer la déclaration de candidature par mail aux militants. Et c’est déjà beaucoup.

Soyons sincères, quand on parle de déclaration, Cécile Duflot ne l’entend pas ainsi. Dans son courrier électronique fleuve dévoilé par Europe1.fr, la députée prend soin d’expliquer que "ce message n’est clairement pas une déclaration de candidature". Mais le contenu est tout autre.

L’ex-secrétaire nationale des Verts se déclare "prête" car elle "travaille depuis plus d’un an" et "continue à avancer". Cela ressemble-t-il à une déclaration de candidature ? Eh oui. Sans prononcer les mots qui fâchent, Cécile Duflot annonce aux militants qu'elle se lance dans la course à l’Elysée à travers son site jesignepourlecologie.fr, censé dépasser le cadre restreint d’EELV :

 

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Je revendique et j'assume, c'est une démarche personnelle qui n'engage pas EELV.

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A mots couverts, Cécile Duflot demande à EELV de la soutenir… sans passer par une primaire. A la lire, un affrontement entre les différents candidats à la candidature écologiste serait contre-productif :

 

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Une primaire pousse les candidats à dire du mal des autres […] Je crois que cet exercice abime (sic) tout le monde et tout particulièrement le/la candidat/e qui est finalement désigné/e et qu'ainsi il ou elle commence sa campagne dans les plus mauvaises conditions. J'ai d'ailleurs parlé plusieurs fois avec Noël [Mamère] de cette question en lui disant que je ne voulais pas davantage d'affrontement avec lui...

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Le tout avec renforts de moults smileys "clin d’œil" et autres points de suspension censés ponctuer la démonstration de l’élue. L’élue conclue même sa longue missive par  un "bien amicalement, Cécile" du plus bel effet.

Cette démarche originale a fait sourire le sénateur PS Luc Carvounas. Invité de Public Sénat-Sud Radio, ce vendredi 8 juillet, il a invité Cécile Duflot à se présenter plutôt à la primaire de la "Belle Alliance Populaire" tout en ironisant sur les compétences réelles de l’écologiste :

 

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Il faut un peu de maturité politique pour être président.

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Reste maintenant à connaître la position des rivaux potentiels de Cécile Duflot chez EELV. A commencer celle de Noël Mamère, qui n’a jamais caché sa volonté d’être candidat en cas de défection de Nicolas Hulot. Ce qui est arrivé lundi

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