Ces socialistes qui s'opposent ouvertement à la déchéance de nationalité

Publié à 16h16, le 26 décembre 2015 , Modifié à 09h45, le 27 décembre 2015

Ces socialistes qui s'opposent ouvertement à la déchéance de nationalité
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Ils ne sont pas beaucoup, dans les rangs socialistes, à être favorables à la déchéance de nationalité des binationaux condamnés pour terrorisme. "Près de 80% des députés PS sont contre", confiait même le 23 décembre, cité par L'Obs, le député PS Bernard Roman.

Comme Jean-Christophe Cambadélis, qui "parlera en temps et en heure", annonce son entourage, la plupart des élus PS gardent le silence. Un peu. Mais déjà, l'opposition s'organise. Une vingtaine de responsables fédéraux du PS dans le Nord menés par Yohan Senez, directeur de cabinet de la députée "frondeuse" du Nord Anne-Lise Dufour-Tonini, ont ainsi lancé leur sédition.

Pour l'instant, cette opposition se limite à une page Facebook mise en ligne le jour de Noël : "Socialistes, nous refusons la déchéance de nationalité", accompagnée du hashtag #NousSommeLePS.

Contacté par le Lab, Yohan Senez précise le but de cette initiative : "concentrer les prises de position de tout le monde pour montrer que nous ne sommes pas le dernier avatar de la fronde contre Manuel Valls mais que nous touchons tout le monde, y compris des élus légitimiste", détaille-t-il.

La page recense donc les avis de militants PS sur le sujet, mais également des élus qui, comme Martine Aubry, Claude Bartolone ou Julien Dray, s'y sont ouvertement opposés.

Voilà pour les bases de ce mouvement qui entend dénoncer une "revendication historique de l'extrême droite reprise par Nicolas Sarkozy au cours de son quinquennat", peut-on lire sur le réseau social.

Yohan Senez ajoute :

"

Quelle est la cohérence d'un parti qui était à la pointe de l'accueil des migrants et qui aujourd'hui met en place la déchéance de nationalité ? Ce n'est pas possible que cela passe sans débat interne.

 

"

L'objectif est donc clair : obliger les instances fédérales à débattre de la déchéance de nationalité et faire remonter ces échos au niveau national. "On souhaite une prise de position de Jean-Christophe Cambadélis puisqu'on sait qu'il était contre cette mesure", ajoute Yoahn Senez.

Le socialiste souhaite aussi retenir ceux qui, aujourd'hui, hésitent à rendre leur carte du Parti socialiste. "Comme disait Pierre Mauroy, si les dégoûtés s'en vont, il ne restera plus que les dégoutants", conclut-il. Manuel Valls appréciera. 

 

 

 

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