"C'est moi-même" : le vrai-faux principal défaut d'Arnaud Montebourg

Publié à 12h08, le 10 janvier 2017 , Modifié à 12h23, le 10 janvier 2017

"C'est moi-même" : le vrai-faux principal défaut d'Arnaud Montebourg
© Capture d'écran LCI

BRÈVE DE CAMPAGNE - Question typique d'entretien d'embauche : "Quel est votre principal défaut ?" Certains candidats font alors le choix de la sincérité et pointent une caractéristique vraiment négative de leur personnalité. D'autres jouent les petits malins et parlent plutôt d'un défaut qui est en fait une qualité. Arnaud Montebourg, lui, fait les deux à la fois.

Mardi 10 janvier sur LCI, le candidat à la primaire de la Belle Alliance Populaire se voit poser cette fameuse question. Il répond alors par ce qui ressemble à un grand élan d'honnêteté :

C'est moi-même. Il faut lutter contre soi-même, il faut toujours se discipliner, s'améliorer, travailler sur soi.

 

Comme tout un chacun, l'ex-ministre a donc des insuffisances, le reconnaît et travaille à les gommer. Sauf que lorsqu'on lui demande une précision, cela se transforme vite en un éloge de sa propre constance idéologique :

Je vais vous dire quel est mon principal défaut : c'est d'avoir des convictions, de m'y tenir. C'est une forme de rigidité. Mais en même temps, c'est la force de la sincérité.

Un *défaut* qui n'en est donc pas vraiment un, mais qui est plutôt une qualité. "L'un comme l'autre, finalement l'un dans l'autre", reconnaît-il enfin. D'ailleurs, en début d'interview, il avait à l'inverse longuement vanté cette même constance, par opposition à Manuel Valls qui dit avoir "changé" :

Je crois qu'on ne change pas. D'ailleurs moi-même, je n'ai pas changé. Nous sommes toujours nous-mêmes. La question est de savoir quelle est notre constance, notre ligne directrice. Pour ma part, mes combats sont constants, mes convictions sont les mêmes. [...] On a besoin de lignes droites dans la période actuelle, et de parcours rectilignes.

On se souviendra enfin qu'Arnaud Montebourg sait être beaucoup plus cash avec cette même question, mais au sujet des autres. "Ségolène Royal n'a qu'un seul défaut, c'est son compagnon", avait-il flingué dans une attaque restée célbère contre François Hollande, en 2007.





[BONUS TRACK] Leave Dieu alone

Comme la veille au cours d'une visite à Libération, Arnaud Montebourg parle de son rapport à la religion. "Il faut respecter ceux qui ont une transcendance. J'admire beaucoup d'ailleurs ceux qui ont un dieu. Je l'ai cherché pendant longtemps et je n'en ai pas trouvé le secours, malheureusement", explique-t-il.

Mais il n'apporte pas pour autant son soutien à François Fillon, candidat de la droite à la présidentielle qui met en avant sa foi chrétienne comme une garantie d'une politique respectueuse de la "dignité de la personne humaine". Et demande qu'au nom de la laïcité, on cesse de mélanger politique et religion, cette dernière relevant de "l'intime" uniquement :

Non je ne dis pas ça [que François Fillon a raison, ndlr]. Enlevez la politique, s'il-vous-plaît. C'est une affaire intime et personnelle. Moi, quand on m'interroge sur mes convictions, je dis : 'Je ne suis pas baptisé, j'ai cherché l'existence de dieu, je suis sensible au mystère de la création du monde, et je respecte infiniment, profondément, tous ceux - quelle que soit leur religion - qui ont un dieu. Car dieu est d'un grand secours dans la vie.



Mais il doit être hors du champ politique et pour moi, il n'est pas possible, pour un candidat à la présidentielle, d'en faire un argument électoral. Cela appartient à l'intimité de la personne, quelle qu'elle soit, et l'esprit de la laïcité, dans la République, c'est que le champs de l'action publique, la République, les services publics, doivent être évacués de toute forme d'intrusion religieuse.

Du rab sur le Lab

PlusPlus