C'est nous ou Emmanuel Macron parle beaucoup de lui dans son discours sur Jeanne d'Arc ?

Publié à 18h23, le 08 mai 2016 , Modifié à 18h50, le 08 mai 2016

C'est nous ou Emmanuel Macron parle beaucoup de lui dans son discours sur Jeanne d'Arc ?

VOST- Ce dimanche 8 mai, Emmanuel Macron participait aux fêtes commémoratives de Jeanne d'Arc à Orléans, à l'invitation du maire Les Républicains de la ville, Olivier Carré. Comme prévu, le ministre de l'Economie a prononcé un discours consacré à la pucelle d'Orléans. Pour ses proches, cités par Le Monde, il s'agissait de "renouer avec le discours républicain face à l’extrême droite, qui s’est approprié l’image de Jeanne d’Arc."

Comme prévu, l'énarque a donc parlé Guerre de cent ans et République, tout en faisant l'éloge de Jeanne d'Arc. Seulement de Jeanne d'Arc ? A certains moments, au Lab, on a cru entendre Emmanuel Macron évoquer sa propre trajectoire politique. Mais peut-être était-on un peu fatigué... et mauvais esprit. On vous laisse juger.

#1 Jeanne, la pourfendeuse du "système"

Emmanuel Macron voit en Jeanne d'Arc une figure anti-système :

 

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Comme une flèche [...] sa trajectoire est nette, Jeanne fend le système, elle brusque l'injustice qui devait l'enfermer.

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Cette description n'est pas sans point commun avec un certain ministre de l'Economie, qui revendique de n'appartenir à aucun parti et a lancé en avril dernier sa propre formation, En Marche, qu'il décrit comme un "mouvement politique nouveau".

#2 Jeanne, la rassembleuse

Le ministre poursuit son vibrant éloge de la pucelle d'Orléans en évoquant son rôle fédérateur dans la France divisée du début du XVème siècle :

 

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Jeanne [...] a rassemblé des soldats de toutes origines. Et alors même que la France n'y croyait pas, se divisait contre elle-même, elle a eu l'intuition de son unité, de son rassemblement.

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Lors du lancement de son mouvement En Marche, Emmanuel Macron a précisé que celui-ci n'était "ni de droite, ni de gauche". Et lancé un appel à tous les marcheurs dans l'âme, qu'ils soient politiques ou issus de la société civile. Pour justifier sa démarche, l'ex-inspecteur des finances a expliqué vouloir "construire quelque chose d’autre", à "essayer d’avancer" face aux "blocages de la société". Comme une certaine Orléanaise il y a près de 600 ans.

#3 Jeanne, la courageuse (ou bien est-ce Emmanuel Macron ?)

Dans un glissement sémantique subtil, Emmanuel Macron cesse de parler seulement de Jeanne d'Arc, pour livrer sa pensée générale sur les sauveurs en politique:

 

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Il n'y a pas de femme ou d'homme providentiel. il n'y a que l'énergie du peuple et le courage de ceux qui se jettent dans l'action.

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Toute ressemblance avec un politique ayant lancé son parti récemment ne saurait être que purement fortuite. Ou pas ?

#4 Une ode aux réformateurs

Dans une phrase quelque peu brumeuse, l'énarque glorifie l'espoir et le volontarisme du peuple, qui permettrait de venir à bout des conservatismes :

 

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L’espoir permet à la force des humbles de triompher de ceux qui font tout pour que l’ordre établi soit maintenu en l’état.

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Encore une fois, un esprit taquin pourrait y voir une allusion aux réformes de l'ex-banquier à la tête du ministère de l'Economie, notamment la loi "pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques", qui a renforcé les possibilités de travail le dimanche. 

Mais tout ça n'est peut-être qu'une impression. Emmanuel Macron n'est pour le moment pas candidat à l'élection présidentielle, après tout.

Du rab sur le Lab

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