Christiane Taubira dénonce sans réserve les propos racistes tenus il y a plusieurs années par l'écrivain Mehdi Meklat

Publié à 16h44, le 20 février 2017 , Modifié à 17h44, le 20 février 2017

Christiane Taubira dénonce sans réserve les propos racistes tenus il y a plusieurs années par l'écrivain Mehdi Meklat
Christiane Taubira © KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Sa réaction était attendue. Christiane Taubira a enfin évoqué les propos racistes, homophobes, antisémites, violents tenus il y a plusieurs années par l'écrivain Medhi Meklat, sous le pseudonyme de Marcelin Deschamps, sur Twitter. Depuis le début de "l'affaire", le 18 février, la réaction de l'ancienne ministre de la Justice était scrutée, à cause de la une des Inrocks qu'elle avait partagée avec l'auteur en février. Ce lundi 20 février, sur Facebook, Christiane Taubira a donc réagi – et surtout condamné les mots de Medhi Meklat, également chroniqueur au Bondy Blog.

Elle écrit :

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Ces propos creusent une consternation aussi vertigineuse qu’un cratère atomique. […] Il n’y a qu’une issue : la vérité et le cheminement. Et si c’était un jeu, il est trop pestilentiel et trop dangereux pour ne pas faire l’objet d’un examen rigoureux.

 

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Les choses sont claires : Christiane Taubira dénonce sans réserve les tweets violents, homophobes, racistes, antisémites, sexistes, de l'auteur. Pour elle, il s'agit de "hideuses pensées". "Il y a quelque chose à purger. Il ne peut résider dans un même esprit la beauté et la profondeur d’une telle littérature et la hideur de telles pensées. Il faut purger, curer, cureter", écrit-elle.

Elle explique également que la défense de Medhi Meklat, qui assure avoir écrit ces tweets au nom d'un "personnage fictif" pour s'interroger sur "la notion d'excès et de provocation", n'est pas suffisante. "Les propos de ce personnage fictif (Marcelin Deschamps) ne représentent évidemment pas ma pensée et en sont tout l'inverse. Je m'excuse si ces tweets ont pu choquer certains d'entre vous : ils sont obsolètes", a-t-il indiqué sur Twitter.

L'ancienne garde des Sceaux tient néanmoins à défendre Les Inrocks. D'après elle, le magazine n'aurait pas pris le risque "de se compromettre", en mettant en une Medhi Meklat tout en ayant connaissance de ses tweets. "C’est un journal qui aime débattre, et même quereller les goûts artistiques, pas se salir", insiste Christiane Taubira. Elle ajoute :

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Il ne leur serait pas venu à l’idée de me proposer cette rencontre s’ils avaient eu la moindre connaissance même d’un seul de ces tweets, car ils savent que sur ces sujets, il n’y a pas d’espace pour des débats. Ils savent aussi que rien ni dans mes propos, ni dans mon attitude, ni dans mes écrits, et ma vie est déjà longue, n’offre le plus mince interstice pour supposer l’ombre d’une complaisance sur de telles abjections.

 

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Peu après, ce lundi, Medhi Meklat a de nouveau présenté ses excuses tout en réaffirmant que les mots utilisé à l'époque sur Twitter ne reflètent pas sa pensée et participaient à la construction d'un personnage numérique sans limite. "Marcelin Deschamps était absolument immoral. Il était honteux, misogyne, antisémite, raciste, islamophobe et homophobe. Il avait la haine entre ses mots et rejetait catégoriquement l’amour", écrit-il sur Facebook, ajoutant :  

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Ces outrances n’ont rien à voir avec moi. Elles sont à l’opposé de ce que je suis et ce que je veux représenter. Je me souviens que Marcelin Deschamps, parfois, en une heure, pouvait ne jamais s’arrêter. Sa diarrhée verbale était son expérience ultime, comme un déversement sale et visqueux dans un monde qui peut l’être tout autant. Aujourd’hui, j’ai conscience que les provocations de Marcelin Deschamps, ce personnage pouilleux, étaient finalement leurs propres limites. Elles sont désormais mortes et n'auraient jamais dû exister.

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Depuis samedi, de nombreux internautes ont dénoncé les propos tenus sur Twitter par Mehdi Meklat, des mots ô combien violents et insultants, l'écrivain faisant l'éloge de Ben Laden, réclamant un "autodafé" pour "ces chiens de Charlie Hebdo", voulant "tuer les juifs", "égorger" Marine Le Pen, hurlant "nique la police" ou souhaitant la mort des blancs...

De son côté, le Bondy Blog s'est défendu de cautionner de tels propos :

Plusieurs politiques, notamment FN, avaient dénoncé ces propos, comme Marion Maréchal-Le Pen, David Rachline ou Florian Philippot, accusant les journalistes et Christiane Taubira de cautionner les mots de l'auteur.

 

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[EDIT 17h42] Ajout propos de Mehdi Meklat

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