Christophe Castaner explique qu'il peut parfaitement être ministre la semaine et chef de parti le week-end

Publié à 15h48, le 22 novembre 2017 , Modifié à 16h33, le 22 novembre 2017

Christophe Castaner explique qu'il peut parfaitement être ministre la semaine et chef de parti le week-end
Christophe Castaner, ministre la semaine et chef de parti le week-end © Capture d'écran via Elysée

C'EST POSSIBLE - Depuis samedi et son *élection* au poste de délégué général de LREM, la situation de Christophe Castaner n'a pas franchement évolué. Car le remaniement, que la presse attendait globalement lundi, puis mardi soir au plus tard, n'a toujours pas eu lieu. En se présentant au pupitre de son point presse post-conseil des ministres, en début d'après-midi mercredi 22 novembre, le porte-parole du gouvernement et secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement ne sait donc toujours pas ce que l'avenir lui réserve.

Il est pourtant chargé de répondre aux questions des journalistes sur ce remaniement qui le concerne au premier chef et qu'il préfère qualifier, avec une langue de bois des grands jours, de "réaménagement au sein de l'équipe gouvernementale". Évidemment, il n'a pas vraiment d'informations à révéler à ce sujet. Il a cependant des arguments à faire valoir pour défendre son bout de gras.

On le sait, Christophe Castaner ne "pense" pas pouvoir rester porte-parole du gouvernement maintenant qu'il est patron de LREM (il n'est donc pas peu cocasse de le voir effectuer ce point presse ce mercredi, mais passons). Il souhaite en revanche conserver son portefeuille des Relations avec le Parlement. Mais comment cet agenda de ministre serait-il compatible avec ses fonctions très prenantes de chef du parti présidentiel, d'autant plus qu'il a annoncé vouloir faire "un tour de France des départements, à la rencontre des militants" ? Tel une vieille pub de la SNCF, vous pensez peut-être que "c'est pas possible". Eh bien détrompez-vous.

Car "Casta" est persuadé de pouvoir tout faire en s'organisant bien. Voici ce qu'il a expliqué à la presse :

Déjà vous avez pu noter que j'avais deux casquettes de ministre. Et je crois avoir compris de la tendance, de l'ambiance du moment, que dans tous les cas j'en perdrais une [le porte-parolat du gouvernement semble promis à Benjamin Griveaux, ndlr]. Donc du coup, je vais prendre une autre casquette. 1+1 fait toujours 2. Puis d'autre part, je suis un militant. Et les militants, ça compte pas ses heures, ça compte pas ses week-ends. Et donc ces engagements territoriaux, je les ferai dès samedi à Concarneau. J'irai à Concarneau comme délégué général d'En marche, c'est un samedi, je n'avais pas d'obligations ministérielles. Si je suis encore ministre à ce moment-là, ça ne sera pas.... ça ne gênera pas mon engagement ministériel. Si je ne suis plus ministre, j'aurai encore plus de liberté, je pourrai y passer le week-end peut-être.

On notera que Christophe Castaner a d'abord été à deux doigts de confirmer son maintien à son poste de secrétaire d'État, avant de nuancer son propos en fin de réponse. Il a en tout cas expliqué qu'il n'y avait absolument aucun obstacle à ce maintien, puisqu'il sera en gros chef du parti sur son temps libre de ministre. Un peu comme son poto Édouard Philippe la veille qui démontrait par A + B qu'il était "tout à fait capable d'exercer ces deux fonctions".

Mais si tout cela vise à démontrer que cette double casquette n'est pas un souci, aucun des deux hommes ne répond vraiment à la véritable question que cela pose, à savoir : comment le chef du parti majoritaire peut-il EN MÊME TEMPS être la courroie de transmission entre l'exécutif et le Parlement, sans que cela pose un léger problème d'équilibre des pouvoirs ? Et le Premier ministre n'y a pas apporté plus d'éléments de réponse lorsque le président du groupe LR à l'Assemblée, Christian Jacob, l'a interrogé sur ce potentiel "conflit d'intérêts" durant les questions au gouvernement ce mercredi :





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