Cité par Muriel Pénicaud, l’ex-ministre PS du Travail Jean Auroux dézingue son usage des ordonnances

Publié à 18h59, le 11 juillet 2017 , Modifié à 19h02, le 11 juillet 2017

Cité par Muriel Pénicaud, l’ex-ministre PS du Travail Jean Auroux dézingue son usage des ordonnances
L'ancien ministre PS du Travail Jean Auroux en 1991. © Jean-Loup GAUTREAU / AFP

L’usage des ordonnances pour réformer le Code du travail est loin de faire l’unanimité. La ministre du Travail Muriel Pénicaud, qui porte ce projet de loi, a cru bon de citer à la tribune l’un de ses prédécesseurs socialistes, Jean Auroux, pour défendre cette utilisation.

Sauf que Jean Auroux, ministre du Travail à l'origine d'une profonde réforme du code du travail en 1982, conteste cette référence, dans une déclaration transmise à l'AFP ce mardi 11 juillet. S’il rappelle avoir lui-même utilisé la voie des ordonnances, il l’a fait "pour des progrès sociaux significatifs", insiste-t-il. Le socialiste "alerte" les élus débattant du projet de loi d'habilitation "pour que cette période de fête nationale ne soit pas une semaine noire pour le monde du travail" :

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Aujourd'hui, il en va tout autrement car il ne s'agit plus de progrès pour les salariés mais d'une dizaine d'articles dont la formulation donne toute liberté à l'exécutif d'amputer lourdement le code du travail sans aucune contrepartie.

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Il cite comme exemples de "régressions programmées" la "diminution dratisque des représentants des salariés" qu'engendra la fusion des instances (DP, CE, CHSCT) ; la "réinvention des 'tâcherons'" avec le développement des contrats de chantiers ; "l'affaiblissement des conventions collectives de branche, ainsi que "l'amputation scandaleuse du compte pénibilité de risques majeurs comme ceux liés à la chimie".

Les lois Auroux, au nombre de quatre, ont refondé plus du tiers du code du travail. Elles ont notamment renforcé la protection des salariés et de leur représentants, attribué un financement aux comités d'entreprise (CE), instauré une obligation annuelle de négocier, ou encore créé les comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

En 2016, Jean Auroux s'était déjà élevé contre le poids plus fort donné aux accords d'entreprises par la précédente réforme.

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