Claude Bartolone veut emmener Bruno Le Roux en Russie pour la forcer à le désinscrire de sa liste noire

Publié à 10h04, le 01 juin 2015 , Modifié à 10h24, le 01 juin 2015

Claude Bartolone veut emmener Bruno Le Roux en Russie pour la forcer à le désinscrire de sa liste noire
Montage le Lab via AFP

COUP DE PRESSION - Vladimir Poutine est prévenu : Claude Bartolone a bien l'intention d'emmener Bruno Le Roux en Russie avec lui, même si ce dernier est blacklisté par le pays.

Invité d'Europe 1 le 1er juin, le président de l'Assemblée nationale a tout d'abord rappelé qu'une délégation parlementaire devrait se rendre sur place le 18 juin prochain. Mais celle-ci ne se fera pas sans Bruno Le Roux, selon Claude Bartolone. Il dit :

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Le voyage prévu le 18 juin aura lieu avec Bruno Le Roux sur la liste des participants. Après, que la Russie prenne ses responsabilités. C'est incompréhensible cette histoire que ce soit pour BHL, pour Bruno Le Roux ou pour les autres, pour Daniel Cohn-Bendit que j'entendais juste avant mon arrivée, de les voir interdits comme ça. Et on ne sait même pas pour quelles raisons. [...] Qu'est-ce que ça veut dire, c'est du délit de sale gueule encore une fois ?

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Claude Bartolone veut donc forcer les frontières de la Russie avec Bruno Le Roux comme éclaireur. Et si les Russes refusent ? Et bien, ils seront privés de délégation. Une punition parlementaire en somme. Dans un échange avec le journaliste, il explique :

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-Claude Bartolone : Je demanderai à Bruno Le Roux de figurer dans cette délégation et, bien sûr, et si les Russes n'acceptent pas, il n'y aura pas de délégation. 



- Europe 1 : Et s'ils sont refoulés à l'aéroport ?



-Claude Bartolone : Nous repartirons et il n'y aura pas rencontres officielles. 

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Et pour appuyer sa menace, Claude Bartolone mènera lui-même la délégation. Alors que ce n'était pas prévu au programme, le journaliste lui souligne le "panache" que constituerait sa présence dans la délégation. "Vous me donnez une très bonne idée", répond du tac-au-tac le candidat à la région Ile-de-France. "Je vais me mettre sur cette délégation", conclut-il. 

Bon, par contre, il faudrait songer à prévenir Bruno Le Roux qui n'a pas l'air hyper au courant de l'initiative. Invité de France Inter le même jour, le patron des socialistes à l'Assemblée explique qu'il ne "sait pas" pourquoi son nom figure sur la liste. D'ailleurs, il reçoit beaucoup de messages de féliciations mais il est bien embêté pour y répondre. Il explique :

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J'en suis réduit, d'abord à recevoir des messages de félicitations et d'encouragements de mes amis. Donc si monsieur Poutine pensait m'isoler en faisant cette liste et bien je m'aperçois que la politique qu'il mène est certainement combattue par beaucoup qui me valent beaucoup de messages de félicitations. En même temps, je réponds à ceux qui m'envoient des messages de félicitations que je ne sais pas pourquoi. Quand je saurai, je leur répondrai que j'en suis réduit aujourd'hui à faire des hypothèses. 

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Et Bruno Le Roux d'avancer une hypothèse "qui pourrait être que j'ai fait mon travail de président de groupe et de parlementaires français, notamment en voulant enquêter sur les relations entre la Russie et l'extrême droite, ce qui n'aurait peut être pas plu à Vladimir Poutine". Le 7 avril dernier, le groupe PS à l'Assemblée avait en effet demandé l’ouverture d’une commission d’enquête sur le financement du FN. La veille sur Sud Radio, il avait avancé une autre explication :"Je suis sur cette liste comme président d'un groupe politique (...) qui a toujours soutenu depuis maintenant plusieurs mois la position de médiation de la France dans le conflit avec l'Ukraine".

Mais, si le voyage en Russie n'est jamais mentionné dans l'interview, sûr que le député devrait suivre les recommandations de Claude Bartolone.

Reste un silence de poids dans cette affaire : Vladimir Poutine ne s'est pas exprimé sur le sujet. Mais ça ne saurait tarder...

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