Comment Benoît Hamon s'est assis sur son envie de primaire à gauche pour 2017

Publié à 09h49, le 22 juin 2015 , Modifié à 13h11, le 22 juin 2015

Comment Benoît Hamon s'est assis sur son envie de primaire à gauche pour 2017
Benoît Hamon sur LCI le 22 juin, France 2 le 2 juin et BFMTV le 12 avril 2015. © images LCI, France 2 et BFMTV.

REALPOLITIK - Depuis le congrès PS de Poitiers fin mai, Benoît Hamon s'est résolu à une chose : inutile d'appeler à des primaires à gauche incluant François Hollande en vue de 2017 car la direction du parti ne suivra pas. L'ancien ministre devenu frondeur a donc progressivement modifié son discours, contrairement à d'autres comme Aurélie Filippetti, également ex-ministre et frondeuse.

Le Lab revient en trois dates sur ce revirement.

 

#12 avril 2015

La primaire, il y croit dur comme fer. Le ministre soutient alors la motion B en vue du congrès socialiste et celle-ci milite pour l'organisation d'une primaire en 2016, y compris si François Hollande est candidat. Invité de BFM politique, il dit comprendre la complexité de la chose mais pense surtout qu'on "n'abdique pas un droit" accordé aux sympathisants de gauche depuis 2011. Il explique :

 

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Je pense qu’il faut une primaire, il faut se mettre dans une situation où on n’abdique pas un droit qu’on a donné aux électeurs socialistes de choisir le meilleur candidat.



Alors je comprends que ce soit plus compliqué quand on a un président sortant. Mais aujourd’hui la droite va essayer de mimer ce que nous [avons fait].

"

 

#2 juin 2015

Le congrès de Poitiers vient tout juste de se terminer. Quinze jours plus tôt, la motion A de Jean-Christophe Cambadélis a obtenu une large majorité absolue. Le premier secrétaire n'a jamais caché qu'il exclurait toute primaire si François Hollande est candidat. Résultat, invité de France 2 un mardi matin, Benoît Hamon semble s'y résoudre :

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Il y a eu un congrès du PS, il a tranché cette question, il est clair que si François Hollande est candidat à sa succession, Jean-Christophe Cambadélis n’organisera pas de primaire. Si François Hollande n’était pas candidat, ces primaires s’imposeront, voilà.

"

 

#22 juin 2015

Près de trois semaines plus tard, et alors qu'Aurélie Filippetti vient de ré-exprimer son envie de primaire sur BFMTV, Benoît Hamon n'est pas des plus à l'aise avec cette question. Invité de LCI et Radio Classique, l'ancien ministre continue d'y voir un grand "acquis démocratique" mais juge la chose "guère praticable" en cas de candidature de François Hollande. Soit un mélange entre ses principes d'hier et la situation post-congrès. Il dit :

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Moi j’ai toujours été favorable aux primaires mais dans l’hypothèse où le président sortant serait candidat cela me parait guère praticable. (...) On a raison de vouloir préserver un acquis démocratique qui nous a permis non seulement de choisir un candidat mais aussi de lancer un mouvement qui nous a conduit à la victoire.

"

Visiblement las, Benoît Hamon finit par expliquer que s'il ne demande plus de primaire, c'est pour ne pas "perdre [son] temps" :

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J’ai une réserve. Formuler une position en faveur d’une primaire dont on sait qu’elle n’aura pas lieu si le président sortant est candidat … j’ai pas envie de perdre mon temps à ça. En revanche s’il n’est pas candidat, les primaires devront se dérouler.

"

La peur de "perdre son temps" n'a visiblement pas submergé Aurélie Filippetti.

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