Comment Jean-Christophe Cambadélis justifie d’avoir perdu ses nerfs en arrachant le micro d’une journaliste de LCP

Publié à 11h22, le 24 mai 2017 , Modifié à 11h22, le 24 mai 2017

Comment Jean-Christophe Cambadélis justifie d’avoir perdu ses nerfs en arrachant le micro d’une journaliste de LCP
Jean-Christophe Cambadélis sans sa cagette dans un coin sombre.

Jean-Christophe Cambadélis serait-il un tout petit peu fébrile ? Dans un reportage de LCP diffusé mardi, on voit le Premier secrétaire du PS, en campagne pour sa réélection aux législatives à Paris, s’emporter et arracher le micro d’une journaliste de la chaîne parlementaire. Énervé, le député socialiste ? "On ne peut pas dire ça", réplique-t-il à Guillaume Durand ce mercredi 24 mai sur Radio Classique et Paris Première.

Interrogé sur ce qui s’apparente pourtant à un bon petit coup de sang d’un candidat pas très serein, Jean-Christophe Cambadélis avance plusieurs arguments – le quatrième va vous surprendre - pour justifier cette réaction épidermique : 1. Il n’a pas été traité comme ses concurrents. 2. Le coin était, soi-disant, trop sombre. 3. Il n’aime pas les "interviews sauvages". 4. Il était sans sa cagette.

Reprenons le fil de son explication avec le verbatim du patron du PS. Tout d’abord, il peste contre le contexte de l’interview :

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Je protestais contre l’inégalité de traitement. Tous mes concurrents avaient le droit de choisir là où ils pouvaient être interrogés et moi non. J’étais dans un shooting, dans un coin sombre euh…

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Niveau obscurité, Jean-Christophe Cambadélis est un chouïa dans l’alternative fact quand on regarde la vidéo en question :

Mais bon, passons cet argument.

"Sur une cagette ?" le relance ensuite le journaliste en référence à sa campagne sur une petite cagette en bois peinte en rouge dont il a fait sa marque de fabrique. "Camba" poursuit :

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Eh non, j’étais sans ma cagette. Et précisément, c’est mon élément de communication. Et donc j’ai dit "non pas ici, on le fait autre part". Mais dans le journalisme moderne, il faut aller jusqu’au bout et tendre le micro. Donc à un moment donné, j’ai retiré le micro et j’ai dit "on trouve un autre endroit pour faire cette interview, pas d’interview sauvage".

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Tiens donc, ces arguments ne sont pas vraiment les mêmes que ceux qu’il avait avancés à chaud à la journaliste de LCP. Alors qu’elle lui demandait si cette campagne était difficile, Jean-Christophe Cambadélis avait répliqué :

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Écoutez… On vous a dit… Vous allez me fermer ça hein ! [Il empoigne le micro et en arrache la bonnette, NDLR] On a dit à votre chaîne qu’on ne voulait pas d’images.

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Contactée par le Lab, la journaliste de LCP qui a réalisé le reportage, Astrid de Villaines, a affirmé que c’était la première fois qu’elle voit le Premier secrétaire du PS s’emporter ainsi. Elle ne comprend toujours pas cette réaction qui a mis son micro et sa bonnette en danger. "Je ne sais pas s’il a eu des expériences avec des journalistes avant, mais j’ai eu l’impression de payer pour tous les autres", témoigne Astrid de Villaines, qui soutient que le PS n’a jamais explicitement interdit à la chaîne de tourner des images de Jean-Christophe Cambadélis.

Du rab sur le Lab

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