Concert de voix PS pour enterrer le front républicain pour les régionales en dénonçant un "bloc réactionnaire" à droite

Publié à 10h46, le 14 septembre 2015 , Modifié à 14h01, le 14 septembre 2015

Concert de voix PS pour enterrer le front républicain pour les régionales en dénonçant un "bloc réactionnaire" à droite
© OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP

CI-GÎT - Après le ballon d'essai, l'artillerie lourde. Manuel Valls avait, en juillet, commencé à préparer les esprits. Dans un confidentiel de L'Express, le Premier ministre se disait sceptique sur le front républicain et estimait que les socialistes, même en 3ème position aux régionales derrière FN et LR, ne devaient pas se retirer au deuxième tour. Même troisième, il était donc, selon lui, possible de l'emporter.

Ce lundi 14 septembre, les choses se précisent. Deux voix de poids, au PS et au gouvernement, annoncent que les socialistes ne se retireront pas, enterrant ainsi de fait le front républicain défendu jusqu'à présent par le PS.

Sur LCP, le secrétaire d'Etat Jean-Marie Le Guen explique :  

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Il est hors de question aujourd'hui [de reproduire] ce qui s'est fait - et j'ai été un des premiers à le défendre - c'est à dire de se retirer dans le scrutin des départementales, qui était un scrutin majoritaire, pour faciliter l'élection de candidats des républicains face au FN. Il n'est pas question de compter sur cette attitude de la gauche aux élections régionales.



Je sais que le cynisme des dirigeants de droite est de se dire : 'Si d'aventure on avait un problème face au FN, on demanderait à la gauche de se retirer pour voter pour nous'. C'est évidement hors de question.

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Mais pourquoi ce qui valait en mars pour les départementales ne vaut plus en décembre pour les régionales ? D'après le ministre des relations avec le Parlement, cela tient aux candidats choisis par Les Républicains. Il dénonce :  

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Ça l'est d'autant plus (hors de question, ndlr) que nous voyons un certain nombre de candidats face au Front national qui tiennent le même discours que le FN. Je pense notamment à monsieur Estrosi et donc de ce point de vue - Jean-Christophe Cambadélis le dit très bien dans un interview à Libération ce matin- confrontés à ce bloc réactionnaire, au fait que pas tous Les Républicains mais une partie d'entre eux tiennent le même discours que le Front national, nous ne serons pas amenés à nous retirer pour eux.



Il faut qu'ils le sachent, il faut que ce soit très clair. C'est pourquoi il faut que la gauche soit en tête

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Toujours ce lundi 14 septembre, mais dans Libération cette fois, Jean-Christophe Cambadélis martèle lui aussi l'impossibilité du front républicain notamment dans le Nord ou en PACA, où le FN est en embuscade. Il utilise le même argumentaire que Jean-Marie Le Guen : 

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De toute façon, les déclarations extrémistes de Christian Estrosi et de Xavier Bertrand sur les réfugiés empêchent désormais le front républicain.  

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Certains candidats de l'ex-UMP tiendraient donc un discours trop proche de celui de Marine Le Pen pour mettre en place le front républicain. Une autre explication, plus prosaïque, tient au mode de scrutin des régionales.Si une liste PS dans un département se retirait en faveur d'une liste LR, toutes les listes PS de la région seraient obligées d'en faire de même ; la future assemblée régionale ne compterait donc aucun élu socialiste

L'autre option pour éviter cette absence d'élus de gauche a été lancée ce matin - comme par hasard - par "un ministre influent" mais anonyme sur France Info : il faudrait que les listes LR et PS fusionnent pour le 2ème tour en cas de menace FN. Des fusions "techniques" qui pourraient empêcher toute victoire du FN en PACA et dans la région Nord. Cette proposition - en forme de ballon d'essai - n'a pas rencontré d'écho favorable. Jean-Christophe Cambadélis a même demandé au traître de se taire ou de se dénoncer.

Mais à 4 mois des élections, la majorité prépare l'opinion à la fin du front républicain. Si Les Républicains ont, après un psychodrame d'une semaine, abandonné le front républicain en mars dernier, le PS vient de l'enterrer à son tour en septembre.  

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