"Connard", "bisounours" : le débat parlementaire sur l'état d'urgence vire à la foire d'empoigne

Publié à 20h45, le 19 juillet 2016 , Modifié à 09h19, le 20 juillet 2016

"Connard", "bisounours" : le débat parlementaire sur l'état d'urgence vire à la foire d'empoigne
Image Etienne Girard

Etienne Girard

Contrairement aux jours qui ont suivi les attentats de janvier 2015, il n'y a pas eu d'unité nationale après l'attentat de Nice. La prorogation de l'état d'urgence apparaissait a contrario consensuelle entre le gouvernement et l'opposition, même si quelques voix discordantes se sont fait entendre ici ou . Las, le débat en Commission des lois de l'Assemblée nationale a viré au règlement de comptes entre les députés socialistes et leurs homologues de Les Républicains (LR), ce mardi 19 juillet.

Tout commence pourtant correctement. Les députés LR Éric Ciotti, Guillaume Larrivé ou Pierre Lellouche multiplient les amendements, dont certains sont jugés pertinents, d'autres... contraires à l'État de droit, notamment par le rapporteur du texte, le député vallsiste Pascal Popelin. 

Soudain, à l'amendement 76 très précisément, les choses s' enveniment brutalement. Eric Ciotti regrette que la majorité ne reprenne aucun de ses amendements. Et se laisse aller à une invective qui met certains de ses collègues en rage :

Eric Ciotti : Vous voulez favoriser les sorties des personnes radicalisées dans la société. Vous vous opposez à tous nos amendements de protection. 



Un député de gauche : Quelle malhonnêteté intellectuelle !



Eric Ciotti : C'est de la clarification. Tout à l'heure on demandera des scrutins publics en séance et vous assumerez vos responsabilités devant les Français.



Pierre Morel-à-L’Huissier, LR : vous êtes des Bisounours. Combien faudra t-il de morts pour que vous compreniez ?



Jean-Yves le Bouillonnec, PS : Votre manière de faire est lamentable !



Pierre Morel à L’Huissier, LR : 230 morts !



Un député de gauche :  Lamentable...



Pierre Morel à L’Huissier, LR : Je dis ce que j'ai envie de dire.



Jean-Yves le Bouillonnec, PS : Moi aussi ! Je dis que c'est lamentable.

Le président de la Commission des lois Dominque Raimbourg (PS) tente alors de temporiser. Sans succès  :

Dominque Raimbourg : S'il vous plait, il a été indiqué qu'il y'a des évolutions possibles. Je ne dis pas que ces évolutions possibles interviendront ce soir... Il est inutile...



(Brouhaha)



Eric Ciotti : Vous êtes là pour quoi Monsieur Le Bouillonnec ?



Jean-Yves le Bouillonnec, PS : pour le respect du droit... C'est scandaleux, c'est du cinéma.



Anonyme : Connard !



Dominque Raimbourg: Hooooooooo ! Hooo ! Ici, c'est moi qui préside !



Eric Ciotti : Comment ? Je suis élu de la circonscription où il y a eu 130 morts (sic) et vous osez dire qu'on est là pour faire du cinéma ! Vous le répétez ! Moi je quitte la séance.

Rouge de colère, Dominique Raimbourg décide finalement de suspendre la séance quelques minutes. Le débat en séance publique à l'Assemblée nationale commencera à 21 heures 30, ce mardi 19 juillet. Dans une ambiance aussi survoltée ? C'est probable.

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