Critiqué, Emmanuel Macron accuse les médias d’avoir "considéré que le FN était quelque chose de tout à fait normal"

Publié à 19h44, le 25 avril 2017 , Modifié à 19h44, le 25 avril 2017

Critiqué, Emmanuel Macron accuse les médias d’avoir "considéré que le FN était quelque chose de tout à fait normal"
© Montage Le Lab via BFMTV

La France a vécu son "21 avril bis" avec la qualification du Front national au second tour de la présidentielle, dimanche 23 avril, pour la première fois depuis 2002. Mais l’absence de gravité dans le discours de quasi vainqueur d’Emmanuel Macron est saisissante si on le compare à celui de Jacques Chirac quinze ans plus tôt. Le candidat d’En Marche ! n’a pas eu un mot pour le Front national, qui réalise en la personne de Marine Le Pen un score historique avec 21,3% des suffrages, soit presque 7,7 millions de voix. Cette absence a choqué, comme l’ont exprimé notamment Jean-Christophe Cambadélis et François Hollande à demi-mots.

En réserve depuis dimanche soir, après avoir fêté sa qualification à La Rotonde (s’attirant au passage une petite polémique), Emmanuel Macron a tenu ce mardi, sur BFMTV, des propos plutôt vigoureux à l’égard des médias. Selon l’ancien ministre de l’Économie, visiblement agacé, la presse est en partie responsable du haut score de Marine Le Pen pour avoir "considéré que le Front national était quelque chose de tout à fait normal" :

 

Vous m’avez entendu vous dire, il y a plusieurs semaines, que moi je ne voulais pas me résoudre au fait que, ce que tout le monde avait communément admis, le Front national était forcément qualifié pour ce second tour. Certains se réveillent avec la gueule de bois. Grand bien leur fasse ! Ils avaient qu’à s’activer avant. Ils l’ont nourri. Moi, je me suis battu, je suis très fier d’une chose, c’est d’être devant Marine Le Pen parce que, jusqu’à il y a quelques semaines, très peu de gens nous mettaient devant Marine Le Pen. Et si j’ai été très heureux de fêter ce premier tour avec beaucoup de fierté avec mes équipes dimanche soir, n’en déplaise aux commentateurs chagrins, c’est précisément parce que nous avions plus de deux points d’avance sur Marine Le Pen et c’est un acquis que je veux ici souligner. Et maintenant, je vais pendant quinze jours continuer à me battre. [...]



Réveillez-vous collectivement, vous savez. C’est vous qui, depuis des mois, avez considéré que le Front national était quelque chose de tout à fait normal. Moi, je n’ai pas entendu les gens aller manifester. J’ai entendu personne aller reprocher à des organisations syndicales de ne pas donner d’instruction de vote. On m’a beaucoup critiqué depuis dimanche soir, vous savez, d’avoir contrarié certains pronostics. On n’a pas beaucoup critiqué ceux qui ne prenaient pas leurs responsabilités républicaines. Mais grand bien leur fasse, la vie politique est en train de changer.

Interrogé sur l’avertissement de François Hollande qui a, de son côté, estimé qu’il n’y avait "pas eu de prise de conscience de ce qui s'est passé" et qu’on avait "oublié que Marine Le Pen était au deuxième tour", Emmanuel Macron lui a donné "raison". Le prétendant élyséen est tombé d’accord avec le chef de l’État qui lui a demandé d’être "extrêmement sérieux et mobilisé" car "un vote, ça se mérite, ça se conquiert, ça se porte" :

 

Rien n’est jamais gagné. Si les choses étaient gagnées, on n’aurait pas vu d’autres élections à l’étranger tourner comme elles ont tourné. Moi, je n’ai jamais considéré que quoi que ce soit était gagné. Il faut se battre, il faut vouloir, il faut expliquer, il faut porter.

Enfin, Emmanuel Macron a redit qu’il était "le maître des horloges" et que les médias devraient s’"habituer" à son rythme… pour le moins inhabituel puisqu’il on ne l’avait pas entendu s’exprimer depuis 36 heures :

 

Je vais continuer comme vous m’avez toujours connu : je serai le maître de mes propres horloges. Je n’ai jamais suivi le diktat des médias. [...] Il faudra vous habituer. Je ne suivrai pas le rythme qui plaît aux médias ou aux commentateurs politiques. Je suivrai le rythme que j’ai décidé pour faire des choses utiles pour mon pays. Voilà.

Voilà.

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