Déchéance de nationalité : droite et gauche doutent de la tenue du Congrès pour réviser la Constitution

Publié à 09h23, le 03 février 2016 , Modifié à 09h23, le 03 février 2016

Déchéance de nationalité : droite et gauche doutent de la tenue du Congrès pour réviser la Constitution
François Hollande voyant le Congrès de Versailles s'éloigner. © AFP

MISSION IMPOSSIBLE - Le Château de Versailles, où se déroulent les congrès du Parlement, n’est qu’à une vingtaine de kilomètres de l’Assemblée nationale et du Sénat, situés à Paris. Pourtant, jamais Versailles, où doit être votée la réforme constitutionnelle voulue par François Hollande, n’aura paru aussi éloigné.

Car à ce stade, il n’est pas dit que le Congrès puisse être convoqué par François Hollande pour entériner la constitutionnalisation de l’état d’urgence ainsi que de la déchéance de nationalité pour les terroristes binationaux. Et ce d’autant plus qu’il faut au préalable que l’Assemblée nationale et le Sénat votent le projet de loi "protection de la Nation" dans les mêmes termes.

"Si l’Assemblée et le Sénat ne sont pas d’accord, eh ben, on n’ira pas au Congrès", menace ce mercredi 3 février le président LR du Sénat, Gérard Larcher, sur RTL. Un député "bon connaisseur des rapports de force parlementaires", va dans le même sens dans les colonnes du Figaro :

 

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La révision a toutes les chances de s’enliser faute d’accord entre l’Assemblée et le Sénat sur un texte unique.

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Ainsi, aussi bien à droite qu’à gauche, on commence à douter que le Congrès ne puisse être réuni. Frondeur du PS, Christian Paul pronostique même son échec. Il lance :

 

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Je parie que ce texte n’ira pas au château de Versailles !

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Pari similaire pour le juppéiste Edouard Philippe, député-maire LR du Havre qui ironise :

 

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Je n’ai pas pris mes billets !

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Cause de cet échec probable à venir, la décriée déchéance de nationalité. Une mesure qui divise autant à gauche – Bruno Le Roux vient de demander au gouvernement de réécrire l’article 2 sur le sujet, après l’hostilité quasi-généralisée des députés PS – qu’à droite – François Fillon et Bruno Le Maire viennent de rejoindre NKM et la vingtaine d’élus qui ont signé une tribune contre la déchéance de nationalité.

Face à ces évolutions floues dans l’écriture du texte et la tentative de Manuel Valls de trouver un consensus, Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, menace, déplorant que soit encore changée "la rédaction de l’article 2". Il dit, ce mercredi sur France 2 :

 

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Je crains que toute cette improvisation finisse par aboutir à ce que finalement on ne réunisse pas la majorité au congrès. C’est dommage. Je pense qu’elle aura bien du mal à aboutir. A force de ne pas savoir où l’exécutif veut aller…

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Versailles, c’est loin.

Du rab sur le Lab

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