Déchéance de nationalité : l'aile gauche du PS appelle le parti à voter contre la réforme constitutionnelle

Publié à 12h50, le 23 décembre 2015 , Modifié à 12h57, le 23 décembre 2015

Déchéance de nationalité : l'aile gauche du PS appelle le parti à voter contre la réforme constitutionnelle
Guillaume Balas © XAVIER LEOTY / AFP

Le revirement du revirement sur la déchéance de nationalité appliquée aux Français binationaux ne passe pas à gauche. Alors que Manuel Valls avait un temps songé à y renoncer pour ne pas crisper son camp, le gouvernement a créé la surprise ce mercredi 23 décembre en annonçant, à la sortie du conseil des ministres, que la révision de la Constitution comporterait bien cette mesure.

Dès cette annonce, plusieurs élus du PS et du reste de la gauche se sont aussitôt indignés du maintien de cette disposition, certains jugeant que la mesure est inefficace, d'autres regrettant que le gouvernement ait repris une mesure de l'extrême droite. Les "légitimistes" ou proches de Manuel Valls et de l'aile droite du PS ont quant à eux souligné le respect de la parole présidentielle.

Guillaume Balas, député européen PS, a ainsi tout simplement appelé son parti à voter contre la réforme constitutionnelle.

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice PS et haute figure de l'aile gauche de Solférino, ne votera pas non plus pour la réforme constitutionnelle, jugeant qu'il est nécessaire de "défendre l'égalité de droit de tous les Français".

Sur Europe 1, le député PS frondeur Pouria Amirshahi, qui n'avait pas applaudi le discours de François Hollande au Congrès ni voter la prorogation de l'état d'urgence, estime qu'une "ligne rouge" a été franchie".

Julien Bayou, porte-parole EELV, a quant à lui dénoncé une "mesure inefficace".

Jean-Luc Mélenchon, leader du Front de gauche, voit dans cette mesure la "déchéance morale de Valls et Hollande".

Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de gauche, a fulminé contre la reprise d'une mesure cheval de bataille de l'extrême droite et de Nicolas Sarkozy, tout comme le député PS Pascal Cherki.

Le député EELV Sergio Coronado a préféré manier l'ironie pour critiquer Christiane Taubira, qui a annoncé la veille à la radio publique algérienne, que la déchéance de nationalité ne figurerait pas dans la réforme constitutionnelle. Pour lui, ce n'est plus des couleuvres qu'elle avale, mais des boas.

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