Déchéance de nationalité : Taubira annonce l'abandon de la mesure avant le conseil des ministres et dans un média étranger

Publié à 16h04, le 22 décembre 2015 , Modifié à 17h28, le 22 décembre 2015

Déchéance de nationalité : Taubira annonce l'abandon de la mesure avant le conseil des ministres et dans un média étranger
© ALAIN JOCARD / AFP

SOLO - Cela ne faisait plus grand doute, mais l'exécutif ne voulait pas l'officialiser avant le conseil des ministres, mercredi. La déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France et coupables d'actes de terrorisme ne figurera finalement pas dans le projet de révision constitutionnelle voulu par François Hollande, comme l'ont annoncé plusieurs médias mardi 22 décembre. Mais plutôt que d'attendre le signal officiel, Christiane Taubira l'a confirmé dès mardi, dans un entretien accordé à la radio algérienne Chaîne 3

Dans cette interview, la garde des Sceaux l'annonce clairement :

Je vous indique par exemple que le projet de révision constitutionnelle qui sera présenté en conseil des ministres [mercredi] ne retient pas cette disposition.

 

Si les médias ayant annoncé le recul de François Hollande sur le sujet citent "plusieurs sources à l'Élysée", rien n'était véritablement officiel jusqu'ici. Contacté par Le Lab lundi soir, l'entourage du chef de l'État ne voulait ni confirmer ni infirmer l'information : "On ne dit rien avant le conseil des ministres". Visiblement, Christiane Taubira n'a pas eu le mémo...

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Dans cet entretien, cette dernière fait également part de ses réserves (déjà connues) sur cette mesure polémique, reprise à la droite (voire à l'extrême droite) après les attentats du 13 novembre. Elle explique notamment :

 

Je suis tout à fait d'accord pour qu'on considère que c'est un sujet extrêmement sensible. Pour moi, il est profondément sensible.  Il ne va pas de soi. Et très très sincèrement, très sérieusement, je pense que cette déchéance de nationalité sur des personnes de nationalité française, donc qui appartiennent depuis leur naissance à la communauté nationale, ça pose un problème de fond sur un principe fondamental qui est le droit du sol, auquel je suis profondément attachée. Et qui me paraît et qui est, dans l'histoire de la construction de la communauté française sur une base civique et pas sur une base ethnique, un pilier fondamental

Le site d'informations Tout Sur l'Algérie publie un extrait sonore de ce passage de l'interview. Passage qui est cependant absent de la vidéo mise en ligne par Chaîne 3 ce mardi (mais retranscrit sur leur site):  



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