Démission du chef d'état-major : toute la classe politique clame son amour à Pierre de Villiers

Publié à 11h00, le 19 juillet 2017 , Modifié à 14h35, le 26 décembre 2017

Démission du chef d'état-major : toute la classe politique clame son amour à Pierre de Villiers
Pierre de Villiers. © Montage le Lab via AFP/PicMonkey

L'affaire n'aura même pas duré une semaine. Depuis le 13 juillet, Emmanuel Macron et Pierre de Villiers s'écharppent à propos des coupes dans le budget de la défense. Et ce mercredi 19 juillet, le chef d'état-major (CEMA) a démissionné. Une première dans la Vème République.

Pierre de Villiers a annoncé sa démission par communiqué à Reuters. Il écrit :

 

"

Je considère ne plus être en mesure d’assurer la pérennité du modèle d’armée auquel je crois pour garantir la protection de la France et des Français, aujourd’hui et demain, et soutenir les ambitions de notre pays. [...] Par conséquent, j’ai pris mes responsabilités en présentant, ce jour, ma démission au Président de la République, qui l’a acceptée.

"

 

Il n'a pas fallu attendre longtemps pour que la classe politique réagisse, l'affaire devenant alors une sorte de trait d'union entre tous les opposants au Président. Chacun lui rend "hommage", tout le monde se met à l'aimer.

Cette situation provoque des réactions d'une improbable similitude. Comme quand le député d'extrême droite Jacques Bompard et le député PS Luc Carvounas tweetent tous deux : "Tout mon respect au général", le socialiste allant jusqu'à écrire "mon Général".

Du côté de La France insoumise, Alexis Corbière parle du général comme d'un "homme d'honneur", faisant ainsi écho au LR Guillaume Larrivé.

 

Certains profitent de cette actualité pour envoyer une petite pique à Emmanuel Macron. Nicolas Dupont-Aignan a ainsi qualifié cette démission de "tâche sur le quinquennat de M. Macron", arguant que désormais "nos armées sont en danger".

Eric Ciotti, député LR, utilise ses qualificatifs préférés : "Irresponsabilité totale", "arrogance et incompétence", "sacrifice", son collègue Daniel fasquelle ajoutant qu'Emmanuel Macron n'est "pas à la hauteur de la fonction".

 

Et les députés LREM dans tout ça ? C'est plutôt le silence qui règne. Jean-Jacques Bridey, président LREM de la Commission de la défense de l'Assemblée, qui jugeait mardi 18 que "le départ du général n'était pas d'actualité", n'a toujours pas réagi. Seuls quelques uns osent un petit tweet çà et là, simplement pour rendre hommage à Pierre de Villiers, comme si celui-ci était mort.

C'est le cas de Guillaume Gouffier, qui apprend "avec beaucoup de regrets" la démission du chef d'état-major, ou encore de Philippe Folliot.

Et il y a ceux qui posent des questions. Le sénateur LR Philippe Dallier s'exclame ainsi : "La grande muette doit donc le rester même à huis clos devant l'AN et le Sénat ?". Et le député LR Sébastien Huyghe : "Comment les députés peuvent remplir leur mission de contrôle du gouvernement si sont recadrés ceux qui leur répondent avec franchise?".

Rappelons que toute cette crise a éclaté quand les propos du militaire critiquant vertement la politique budgétaire du gouvernement, et tenus à huis-clos en commission à l'Assemblée, ont été rapportés par la suite. Emmanuel Macron devait rencontrer Pierre de Villiers vendredi. Le "chef" a fini par l'emporter sur le chef d'état-major.

Du rab sur le Lab

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