Désormais soutien de François Fillon, Bruno Le Maire a grandement fait évoluer son discours vis-à-vis de Russie

Publié à 11h18, le 24 janvier 2017 , Modifié à 11h18, le 24 janvier 2017

Désormais soutien de François Fillon, Bruno Le Maire a grandement fait évoluer son discours vis-à-vis de Russie
Bruno Le Maire © AFP

Bruno Le Maire est un bon soldat : désormais membre de l'équipe de campagne de François Fillon, l'ancien candidat à la primaire de la droite n'a de cesse de vanter les mérites de l'ex-Premier ministre qui est de son aveu, le plus à même de diriger le pays. Bruno Le Maire est un bon soldat qui défend donc son chef, quitte à parfois mettre en sourdine ses propres convictions. Et bizarrement, depuis qu'il n'est plus candidat mais représentant de François Fillon pour les affaires européennes et internationales (et donc potentiel ministre en cas de victoire), l'élu LR a fait quelque peu évoluer son discours. 

Illustration ce mardi 24 janvier sur RTL. Le député de l'Eure est interrogé sur la Russie et les mots de François Fillon, la veille. Depuis Berlin, le candidat à l'élection présidentielle s'est une nouvelle fois déclaré favorable à la levée des sanctions contre la Russie, sanctions mises en place à la suite de l'annexion de la Crimée, au début de l'année 2014. Bruno Le Maire dit :

 

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Si nous voulons progresser, qu'est-ce qu'on fait ? On reste sur cette relation de face-à-face avec la Russie, qui n'est bonne pour personne ? Ou est-ce qu'on essaye de trouver des solutions pour rapprocher Europe et Russie ? C'est le choix qu'a fait François Fillon. C'est un choix qui se fait dans la fermeté. Oui la Russie a eu, sur un certain nombre de sujets, je pense par exemple à l'Ukraine, des comportements qui ne sont pas satisfaisants. Est-ce que nous pouvons rester dans ce régime de sanctions ? Non. Eh bien nous attendons de la Russie qu'elle fasse des gestes concrets, notamment sur les accords en Ukraine, pour nous permettre de lever les sanctions.

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On notera donc que, pour Bruno Le Maire, l'annexion de la Crimée par la Russie  est un "comportement" qui n'est pas "satisfaisant". Du pur langage diplomatique de la part de celui que certains imaginent déjà devenir ministre des Affaires étrangères de François Fillon.

Sauf que Bruno Le Maire a quelque peu modifié son discours depuis qu'il n'est plus candidat mais soutien de François Fillon. Durant la campagne de la primaire de la droite, le candidat du "renouveau" n'était pas particulièrement tendre avec la Russie même s'il appelait à un rapprochement avec Vladimir Poutine, suggérant par exemple d’inviter le président russe "systématiquement à la fin des Conseils européens".  

SurRTL, en octobre dernier, Bruno Le Maire préconisait du "dialogue" et de la "discussion" avec le président russe. Une évolution déjà par rapport à ses propos de 2015. À l'époque, il disait :

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Moscou est un partenaire incontournable, mais on ne peut pas tout accepter en fermant les yeux.

 

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Et que dire de ses déclarations de 2014, juste après l'annexion de la Crimée par la Russie ? Il y a trois ans, Bruno Le Maire était l'un des plus virulents vis-à-vis de Moscou. Après l'annexion de la Crimée par la Russie de Vladimir Poutine, il réclamait ainsi "de la fermeté et des sanctions" contre Moscou. "Il faut de la fermeté et des sanctions contre les avoirs des oligarques russes, et sur les contrats militaires passés avec la Russie", disait-il sur BFMTV en mars 2014, estimant en outre que le président russe n'était "pas le bienvenu"en France à l'occasion du 70e anniversaire du Débarquement en Normandie.  

Quelques semaines plus tard, sur RTL, il allait plus loin :

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Je demande la tenue d'une réunion entre l'Allemagne, la France et la Pologne pour trouver la voie d'un dialogue avec Poutine. Je demande que l'on passe immédiatement au dernier niveau des sanctions qui vont toucher à la fois les intérêts énergétiques de l'Allemagne, financiers de la Grande-Bretagne et la livraison de matériel de guerre de la France à la Russie. Je demande qu'il y ait une réunion des chefs d'États de l'UE pour rétablir le dialogue avec Vladimir Poutine.

 

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De son côté, François Fillon est favorable à la levée des sanctions contre la Russie. "Entre Europe et Russie, nous devons rétablir la confiance, retrouver le chemin du dialogue et construire une relation forte. Entre Russie et Europe, notre seule perspective ne peut pas être une confrontation larvée sous un régime de menaces et de sanctions", a déclaré le candidat à la présidentielle, lundi 23 janvier, après avoir rencontré Angel Merkel à Berlin.

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