Donald Trump élu, Nicolas Sarkozy dénigre Barack Obama, "adoré des élites françaises"

Publié à 08h42, le 10 novembre 2016 , Modifié à 08h42, le 10 novembre 2016

Donald Trump élu, Nicolas Sarkozy dénigre Barack Obama, "adoré des élites françaises"
Nicolas Sarkozy et Barack Obama en 2011 © DSK / FRANCE 2 / AFP

VENT TOURNANT -C'était son "copain", rencontré alors que le 44e président des États-Unis n'était encore que sénateur. Mais que voulez-vous, le cœur des hommes a ses raisons que la Raison ignore et si, pendant longtemps, Nicolas Sarkozy a loué les qualités de Barack Obama, cette ère est aujourd'hui révolue. Et la fin de règne politique du leader américain n'y est sans doute pas pour rien.

Invité ce jeudi 10 novembre des 4 Vérités France 2, Nicolas Sarkozy évoque l'élection, la veille, de Donald Trump à la présidence des États-Unis d'Amérique. L'ancien chef de l'État français a déjà expliqué, mercredi, combien ce succès est le symbole d'un combat contre "la pensée unique", combat qu'il entend bien mener lui aussi. Ce jeudi, Nicolas Sarkozy va plus loin et ajoute que l'élection du candidat du Parti républicain, bien qu'elle soit importante, ne doit en rien modifier les relations entre la France et les États-Unis. Et pour bien se faire comprendre, l'ex-Président français s'en prend donc à son "copain", comme il avait coutume de l'appeler. Il dit :

 

J'ai connu ça au moment de Bush. On ne va pas moins aimer les États-Unis parce qu'ils avaient choisi Bush qui n'était pas aimé par les élites françaises que parce qu'ils avaient choisi Obama (sic). On a eu des problèmes et des conflits alors que c'était Obama, adoré des élites françaises.

En rappelant les liens historiques entre la France et les États-Unis, Nicolas Sarkozy parvient donc à critiquer les élites françaises qui adoraient Barack Obama. On rappellera que fut un temps où l'ancien chef de l'État français adorait lui-aussi son ami américain. C'était en juillet 2008 quand le Président français recevait celui qui n'était encore que candidat démocrate à la Maison-Blanche. C'était en 2009, quand les deux chefs de l'État se lançaient mutuellement des fleurs sur leur action, même si en coulisses on s'agaçait des prises de positons du leader américain. C'était en 2012 quand Nicolas Sarkozy annonçait tel Paco Rabanne à Barack Obama que tous deux seraient réélus à leur poste.  

Les temps ont changé et cela ne date pas d'hier. Cette année, les deux hommes ont eu de vifs échanges par voie de presse interposée. En mars dans The Atlantic, Obama avait dézingué l'attitude des Européens mais surtout de Sarkozy dans la gestion de l'intervention occidentale en Libye en 2011, et le manque de "suivi" opéré après les actions militaires. Il critiquait vertement la "fanfaronnade" du président français d'alors, lui qui "voulait claironner ses succès dans la campagne aérienne alors que nous avions détruit toutes les défenses anti-aériennes". Il rappelait également que "Nicolas Sarkozy avait perdu son poste" l'année suivante... contrairement à lui. 

Huit jours plus tard, l'intéressé défouraillait à son tour, sur iTÉLÉ. "Je ne veux pas polémiquer avec monsieur Obama, dont chacun sait que l'action n'est pas son fort", lâchait-il, ajoutant que "monsieur Obama avait dit : 'À la minute où Bachar al-Assad emploie des armes chimiques nous interviendrons'. Bachar al-Assad a employé des armes chimiques, ils ne sont pas intervenus. Quand on fixe des limites, qu'elles sont franchies et qu'on ne fait rien après, ce n'est pas bon signe". Il moquait aussi son prétendu "leadership de l'arrière" et sous-entendait que le commander in chief n'était en fait "pas un leader".

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