EDITO - Ajaccio : de l'huile sur le feu

Publié à 07h30, le 28 décembre 2015 , Modifié à 10h00, le 28 décembre 2015

EDITO - Ajaccio : de l'huile sur le feu
© YANNICK GRAZIANI / AFP
Image Olivier Duhamel

Olivier Duhamel

Des pompiers et des policiers caillassés par une poignée de voyous, maghrébins ou pas, tout le monde s'accorde pour le condamner.

Des manifestants s'attaquant à une salle de prière musulmane, un restaurant marocain, etc., en criant "Arabi fora", "On est chez nous", et, encore un cran au-dessus dans le racisme haineux : "Le Bataclan, c'est nous qui allons leur faire, "Il faut les tuer", personne n'ose pleinement approuver. 

Reste à nous expliquer pourquoi le préfet les a gentiment reçus, leur demandant seulement de ne pas recommencer. 

Reste aussi à se demander comment, dans une ville qui a voté deux fois moins pour le Front national que dans l'ensemble de la France, peuvent se dérouler, à deux reprises, des manifestations ponctuées de propos ouvertement racistes, accompagnés parfois d'appels au meurtre,

Et là, quelques voix, au lieu de nous aider à comprendre, n'hésitent guère à jeter un peu d'huile sur le feu.

Le leader du Front de gauche, ou de ce qu'il en reste, Jean-Luc Mélenchon, pointe les coupables à ses yeux : ces actes résultent d'un "nationalisme exacerbé", de "l'ivresse ethiniciste" des dirigeants nationalistes. Peu lui importe que le leader autonomiste, Gilles Simeoni, et l'indépendantiste, Jean-Guy Talamoni, aient immédiatement et totalement condamné ces actes.

De son côté, sur le site Boulevard Voltaire, l'ancien magistrat et grand blogueur Philippe Bilger, condamne certes les saccages mais soutient les manifestations en question, y voyant "une indignation populaire immédiate" et "une réactivité civiquement fondée".

Voilà comment le culte du "politiquement incorrect" peut conduire à prendre des élus nationalistes comme bouc émissaire ou soutenir des manifestants, nonobstant leur racisme affiché. 

Du rab sur le Lab

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