ÉDITO - Déchéance : 7 leçons du feuilleton

Publié à 07h39, le 31 décembre 2015 , Modifié à 09h28, le 31 décembre 2015

ÉDITO - Déchéance : 7 leçons du feuilleton
François Hollande a déclenché une vive polémique dans la classe politique en proposant d'étendre la déchéance de nationalité © ETIENNE LAURENT / POOL / AFP
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Olivier Duhamel

La dernière semaine de 2015 a été marquée par la multiplication des critiques et attaques contre l'extension de la déchéance de nationalité pour les auteurs de crime terroriste aux binationaux nés en France. Au risque de déplaire, tentons d'en tirer quelques leçons de science politique.

1. La symbolique politique compte infiniment plus que la rationalité juridique. Un petit changement peut être perçu comme une grande rupture. Surtout si l'idée vient du camp adverse.

2. Le choc des symboliques et la confrontation des passions peuvent s'avérer violentes. Celles de gauche vis-à-vis de celles de droite. Et, plus encore par les temps qui courent, celles du gros des élites par rapport à celles des masses.

3. Qui ne dit mot ne consent pas. Un bon mois de quasi-silence après le discours de Hollande au Congrès n'a pas empêché l'incendie de se déclencher ensuite.

4. Quelques mots peuvent mettre le feu à la plaine. En l'espèce, "déchéance de nationalité de binationaux nés en France". Des mots-dynamite, quoi qu'il soit prévu d'en faire.

5. Consulter ses amis avant de proposer une révision pour le moins inhabituelle de la Constitution relèverait de l'indispensable prudence.

6. Ne touchez pas aux "valeurs" si vous êtes un homme de gauche au pouvoir et que vous avez déjà fait avaler sur votre gauche bien des couleuvres économiques. N'ayez même pas l'air d'y toucher.

7. Les élites sont souvent plus moutonnières que le peuple.

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