[EDITO] Jusqu’où ira Sarkozy ?

Publié à 18h10, le 15 juin 2015 , Modifié à 18h11, le 15 juin 2015

[EDITO] Jusqu’où ira Sarkozy ?
© © CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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Olivier Duhamel

Notre éditorialiste revient sur les déclarations du président de Les Républicains qui veut consulter les adhérents sur tout. 

> Le droit du sol n'est plus la France. Lors de la campagne présidentielle de 2012, il tenait bon sur le droit du sol, et n'hésitait pas à contrer le Front national en proclamant que "le droit du sol, c'est la France ". Trois ans après, le voici qui déclare, samedi dernier, aux adhérents du parti Les Républicains :

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Faut-il remettre en cause le droit du sol ? Cette question, incontestablement, peut se poser.

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> Les raisons du revirement. Depuis 2012, le Front national est passé de 18% à 25% des suffrages exprimés, et Sarkozy peine à retrouver une vraie popularité, de plus en plus concurrencé par Alain Juppé. Le maire de Bordeaux jardine au centre, l'ex-Président ratisse à droite toute.

> La voie du référendum militant. Assez habilement, Sarkozy précise qu'il veut consulter les adhérents sur le droit du sol d'ici à l'été prochain. Nul doute qu'il recueillera alors leur adhésion. Juppé et Le Maire s'étant prononcé contre la remise en cause du droit du sol, la manœuvre vise à les affaiblir quelques mois avant la primaire décisive de novembre 2016.

> Les risques d'une grande régression. Sur nombre de sujets tels l'immigration ou les questions de sécurité, les Français se droitisent. Ils étaient par exemple 52% à approuver l'évacuation d'un campement de migrants en 2006, ils sont désormais 79% à le faire : + 27 points ! "On va vous interroger sur tous les sujets" promet Sarkozy à ses nouveaux adhérents.

Hier, les statuts et le nom du parti. Demain, le droit du sol. Après-demain, le rétablissement de la peine de mort ?

Du rab sur le Lab

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