Édouard Philippe et François Bayrou mettent en scène leur belle entente sur fond de couac persistant

Publié à 14h01, le 14 juin 2017 , Modifié à 14h10, le 14 juin 2017

Édouard Philippe et François Bayrou mettent en scène leur belle entente sur fond de couac persistant
Les meilleurs amis du monde © Montage Le Lab via AFP

♪ ON VA BIEN, TOUT VA BIEN ♫ - Si vous aviez cru déceler une quelconque tension entre le Premier ministre et le garde des Sceaux ces derniers jours, sachez que vous vous trompiez. Car l'ambiance est absolument parfaite entre Édouard Philippe et François Bayrou (ou presque). C'est du moins ce que les deux hommes ont tenu à donner à voir *un peu* ostensiblement, à la sortie du conseil des ministres, mercredi 14 juin. Un bon vieux coup de communication à l'ancienne pour effacer plusieurs jours de tension, de couac, de recadrages et autres échanges par médias interposés.

Alors que tous les membres du gouvernement avaient déjà quitté l'Élysée après cette réunion hebdomadaire particulièrement longue (plus de trois heures), sans un mot pour les journalistes présents comme d'habitude désormais, le chef du gouvernement et le ministre de la Justice ont finalement fait leur apparition dans la cour de l'Élysée, ensemble et en dernier. Et d'y aller d'une belle poignée de main tout ce qu'il y a de plus cordial, sous l’œil des caméras et appareils photos comme il se doit :

La polémique des derniers jours n'est pourtant pas anodine, loin de là. On sait que François Bayrou a appelé des journalistes d'investigation de Radio France pour se plaindre de leur enquête sur les salariés du MoDem, employant un ton menaçant selon le destinataire de l'appel. Mais c'était en tant que simple "citoyen" et non en tant que ministre (ni en tant que président du MoDem ou même maire de Pau) que François Bayrou avait décroché son téléphone. Mardi matin encore, sur CNEWS, il avait continué à se revendiquer citoyen avant tout.

Ce à quoi le Premier ministre avait fermement rétorqué, sur franceinfo quelques minutes plus tard, que "quand on est ministre, on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen". Peine perdue, le numéro 3 du gouvernement n'avait semble-t-il pas très envie de tenir compte de ce recadrage. Et pas plus le lendemain matin, à tête reposée, sur RTL : qu'on se le dise, vous n'aurez pas la liberté de parole de François Bayrou. C'est donc au porte-parole du gouvernement Christophe Castaner qu'est revenue la tâche de remettre une couche de recadrage poli mais ferme par là-dessus, ce mercredi matin sur BFMTV.

Et en milieu de journée, Édouard Philippe et François Bayrou tentaient donc d'apporter une ultime image rassurante pour clore la séquence. Reste à savoir ce qu'il s'est réellement dit en privé. "Il y a eu un échange [mardi], la situation est aujourd'hui totalement pacifiée, il n'y a pas de tension particulière", a d'ailleurs assuré Christophe Castaner lors de son point presse, présentant cette poignée de mains dans la cour de l'Élysée comme un "échange personnel". Ce qui signifie en creux que cela a tout de même légèrement tangué avant cela...

> À lire : Le ministre François Bayrou persiste à vouloir garder sa "liberté de parole" de citoyen avant tout

[BONUS TRACK] Alerte lapsus

Signe que tout ne va pas si bien que cela et que toute cette histoire occupe les esprits ? Christophe Castaner s'est en tout cas fendu d'un joli petit lapsus au début de son point presse, confondant la "polémique" et la "politique" que le Premier ministre "met en oeuvre" :

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