Edouard Philippe ironise sur sa relation avec "ce castrateur" Emmanuel Macron : "J’ai la boule au ventre tous les matins"

Publié à 07h45, le 04 juillet 2017 , Modifié à 07h52, le 04 juillet 2017

Edouard Philippe ironise sur sa relation avec "ce castrateur" Emmanuel Macron : "J’ai la boule au ventre tous les matins"
Edouard Philippe et Emmanuel Macron. © AFP

Emmanuel Macron a-t-il court-circuité la déclaration de politique générale d’Edouard Philippe en s’exprimant la veille devant le Parlement réuni en Congrès ? A Matignon comme à l’Elysée, on nie toute intention d’éclipser le discours du Premier ministre et on assure qu’il y a une totale "complémentarité" entre les deux discours de l’exécutif. L'un fixe le cap, l'autre détaille la méthode. L'un donne les grandes lignes, l'autres précise les coupes budgétaires. Le good cop et le bad cop.

Edouard Philippe fait mine en tout cas de ne pas en prendre ombrage. Mais cela relance l'éternel débat sur la répartition des tâches au sein du couple exécutif. Ainsi le Premier ministre ironise-t-il dans les colonnes du Parisien de ce mardi 4 juillet sur sa relation avec Emmanuel Macron, son n+1 :

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Je me sens mal, si mal. J’ai la boule au ventre tous les matins à l’idée de bosser avec ce castrateur.

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Du second degré bien sûr de la part de l’hôte de Matignon qui, "plus sérieusement", précise quand même Le Parisien, se réjouit de la qualité de sa relation avec le chef de l’Etat :

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Comme moi, il aime la discussion, l’échange intellectuel. Et sur des points plus complexes, on pondère, on se laisse la nuit pour réfléchir et on en reparle le matin… Mais la décision finale lui appartient.

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Chacun à sa place donc. Car Edouard Philippe ne connaît que trop les institutions et la volonté d’Emmanuel Macron de revenir aux origines de la 5e République avec un Président "jupitérien" qui préside. Surtout dans le cadre du quinquennat. "La question, ce n’est pas de savoir qui est le patron ou le collaborateur, explique Edouard Philippe en privé. Le président est le patron. Vous imaginez Debré ou Pompidou dire à de Gaulle : ‘c’est moi le patron’ ?"

Pour le Premier ministre, ceux qui voient un conflit dans le timing des interventions d’Emmanuel Macron devant le Congrès la veille du discours de politique générale n’ont pas saisi les fondamentaux de la 5e République. Au Figaro, l'ancien juppéiste confie ainsi :

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Le président et le Premier ministre, ce n’est pas la même chose. Tous ceux qui ne le comprennent pas se trompent.

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Si les oppositions de droite comme de gauche se sont délectés de ce qui pouvait apparaître comme une éclipse jupitérienne de son Premier ministre, l’intéressé semble s’en moquer éperdument. Enfin, officiellement.

[BONUS TRACK] J'peux pas, j'ai sous-marins

En plus de réunir le Congrès la veille du discours de politique générale, Emmanuel Macron s'est organisé un petit déplacement présidentiel en Bretagne le jour même du grand oral de son Premier ministre à l'Assemblée nationale. Et devrait même plonger avec un sous-marin nucléaire. Mais puisque tout va bien dans le meilleur des mondes entre Macron et Philippe, où est le problème ? On apprend même ce mardi dans les colonnes du Figaro que "le Président n'écoutera pas forcément le discours du Premier ministre mais il l'aura bien évidemment lu avant", explique "l'entourage" d'Emmanuel Macron. "Tout est fluide", affirme-t-on encore.

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